Edward Hancock remporte le Prix spécial de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants de 2015

Edward Hancock

Par Kate Hawkins

Edward Hancock a exercé son métier d’enseignant et plus tard ses fonctions syndicales avec une passion hors du commun.

Ancien directeur général de la Newfoundland and Labrador Teachers’ Association (NLTA), à la retraite depuis l’an dernier, il indique que ses 39 ans de travail avec la NLTA ont été incroyablement gratifiants.

« Je qualifie ma carrière de parcours d’une vie. C’est vraiment ce qu’elle a été… Je n’aurais pas pu rêver mieux », dit-il.

Edward Hancock a commencé à enseigner en 1973 avant même d’avoir obtenu son baccalauréat en éducation de l’Université Memorial.

« À cette époque, à Terre-Neuve, la population scolaire était plus nombreuse que jamais. Il y avait donc un grand besoin d’enseignants et enseignantes », explique-t-il.

« Je n’avais pas tout à fait terminé mes études quand un surintendant m’a appelé pour me demander si j’étais prêt à enseigner pendant les deux derniers mois de l’année scolaire. »

Un enseignant avait quitté ses fonctions soudainement pendant le congé de Pâques, et le surintendant était désespéré.

« Il me restait encore quatre cours à suivre, mais après réflexion, je me suis dit que je pourrais toujours terminer mon baccalauréat pendant l’été. Alors j’ai accepté le poste. Et je me suis rendu dans cette école où je devais passer deux mois, mais où je suis finalement resté 13 ans », ajoute-t-il.

« J’ai adoré enseigner. Pendant mes premières années à la NLTA, la dynamique de la salle de classe m’a beaucoup manqué. »

Toujours en 1973, la NLTA a obtenu le droit de négocier collectivement. Ce gain important a suscité l’enthousiasme d’Edward Hancock et l’a poussé à s’impliquer comme bénévole dans son organisation.

« Disons que je suis plutôt curieux de nature, mais quand j’ai su qu’un groupe de St. John’s allait pouvoir négocier une convention qui établirait les salaires, les conditions d’emploi et de travail, et bien d’autres choses encore, je me rappelle m’être tout de suite dit : Comment on fait pour s’impliquer? »

Son dévouement comme bénévole à la section locale de la NLTA l’a amené à poursuivre sa carrière au siège de l’organisation, en 1986, quand une occasion s’est présentée. Il est devenu agent administratif, même si son domaine de prédilection demeurait celui de la négociation collective, de l’arbitrage et des griefs.

Après quelques années seulement, la modification de la structure de dotation de l’organisation lui a permis de vivre sa vraie passion dans la division des avantages du personnel enseignant. Dix ans plus tard, en 2000, il est devenu directeur général de la NLTA et par le fait même membre du Conseil d’administration de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE).

« Mon rôle de directeur général m’a donné l’occasion non seulement de travailler dans le domaine de la négociation collective et de collaborer avec les enseignantes et enseignants de la province, par exemple en visitant des écoles, mais aussi de mener des activités à l’échelle nationale et même internationale, notamment avec l’Internationale de l’Éducation… Ces 13 années ont été tout simplement parfaites. »

Pendant toutes ses années à titre d’enseignant, de bénévole et enfin de membre du personnel de la NLTA, Edward Hancock a défendu les droits des enseignants et enseignantes. Il a lutté contre la suppression de postes d’enseignants ou enseignantes, a participé au débat sur le caractère interconfessionnel du système scolaire de Terre-Neuve, a survécu à l’épreuve de la grève des enseignantes et enseignants de 1993 concernant les droits de négociation collective, et a contribué à la bonne gestion des finances de la NLTA. Et tout cela, dit-il, il l’a fait avec beaucoup d’enthousiasme.

« Quand vous aimez ce que vous faites, votre travail n’en est plus vraiment un. »

« Et oui, dans tout genre de travail, il y a des jours où vous avez l’impression de faire du surplace, de ne rien accomplir, à cause des demandes qui vous tombent dessus. Mais quand je regarde en arrière, je dois dire que j’ai gardé très peu de mauvais souvenirs! »

S’il continue de faire de bénévolat avec la NLTA à titre de retraité, Edward Hancock a enfin le temps de voyager avec son épouse et de rendre visite à ses trois petits-enfants.

Il se sent honoré, dit-il, de recevoir le Prix spécial de la FCE, parce que ce prix célèbre les changements qu’il a tenté d’apporter en faveur du personnel enseignant tout au long de sa carrière.

« Le fait d’être reconnu par mes collègues à l’échelle nationale veut dire beaucoup pour moi. Ça me fait vraiment chaud au cœur », ajoute-t-il.

« Quand je vois tout ce qui se passe à l’échelle nationale et a des conséquences pour l’éducation, qu’il s’agisse des questions liées à l’éducation autochtone, de la pauvreté des enfants, des dossiers touchant le Code criminel ou d’autres choses encore, je suis fier de savoir que mes efforts ont été remarqués et appréciés. »

(Kate Hawkins est une étudiante en journalisme qui a travaillé comme agente de communication à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants pendant l’été 2015.)