Helen Kennedy, directrice exécutive d’Égale Canada, lauréate du Prix de promotion de l’éducation publique de la FCE de 2015

Edward Hancock

Par Kate Hawkins

Directrice exécutive d’Égale Canada, une œuvre de bienfaisance qui défend les droits des jeunes allosexuels, Helen Kennedy a une vie très remplie.

Elle affirme que ce sont les « petits » changements que son organisation fait dans la vie des jeunes qui l’incitent à toujours aller de l’avant, malgré sa lourde charge de travail.

À la mi-mai, explique-t-elle, Égale Canada a organisé une rencontre d’une fin de semaine à Winnipeg appelée Outshine, où les membres d’alliances de personnes gaies et hétérosexuelles se sont retrouvés pour faire du réseautage et célébrer.

« Pour nous, c’est l’occasion la plus stimulante, fantastiquement encourageante, que nous avons de nous affirmer. Vraiment, cette rencontre a un effet incroyable », affirme-t-elle.

« Et d’avoir cette tribune et de l’offrir aux jeunes et à leurs alliés et alliées de sorte que, pour la première fois de leur vie, ils arrivent à se sentir bien dans leur peau, c’est vraiment très exaltant. Et puis, vous savez, les moments les plus spectaculaires ne sont pas toujours les plus inspirants. Pour ma part, je trouve mon inspiration dans les petites choses, comme une conversation avec une personne chez qui je sens un profond bonheur d’appartenir à une communauté. »

Fondée en 1986, Égale Canada est la seule organisation nationale au pays à lutter pour l’égalité des personnes allosexuelles. Ses programmes et projets sont extrêmement variés et vont de la recherche sur le sans-abrisme chez les jeunes allosexuels et le suicide chez les adolescents à des campagnes de sensibilisation sur le thème de l’inclusion sociale.

« Nous formons aussi des ambassadeurs et ambassadrices parmi les athlètes olympiques pour qu’ils ou elles aillent dans les écoles parler de leur vécu… Pour l’an prochain, nous organisons une autre conférence sur la prévention du suicide. La semaine prochaine, nous tenons une grosse rencontre à Toronto et à Calgary ainsi que dans d’autres régions du pays. Nous vivons donc une période particulièrement exaltante! », explique la directrice exécutive.

Helen Kennedy, qui a travaillé avec la conseillère municipale de Toronto Olivia Chow et qui a ensuite été élue conseillère municipale elle-même, a passé le plus gros de sa carrière à travailler à l’Assemblée législative de l’Ontario avant de se joindre à l’équipe d’Égale Canada en 2007.

Le poste l’a intéressée parce qu’il lui donnait la possibilité de défendre une cause qui lui tient particulièrement à cœur, l’égalité des droits.

« J’avais le sentiment qu’il y avait beaucoup à faire dans notre système d’éducation, qu’il fallait opérer un changement culturel et suivre de près l’évolution du paysage législatif canadien. Ce poste répondait parfaitement à mes aspirations », ajoute-t-elle.

« Je voulais m’attaquer au grand dossier du système d’éducation pour que les personnes allosexuelles du Canada s’y sentent mieux acceptées. »

Égale Canada travaille très souvent en partenariat avec les écoles auxquelles elle offre des plans de leçon gratuits sur l’identité allosexuelle et l’inclusion, de même que des ateliers à l’intention du personnel enseignant, des directions d’école et des conseillers et conseillères en orientation. L’organisation a aussi un centre de counseling à Toronto vers lequel les jeunes allosexuels sont dirigés par les travailleuses et travailleurs sociaux de leur école en cas de crise.

« Nous essayons de couvrir tout ce qui touche l’allosexualité », ajoute Helen Kennedy.

« Par exemple, nous avons réalisé une étude sur le sans-abrisme au Canada et plus précisément dans la population allosexuelle. Nos statistiques révèlent que 23 % des jeunes sans-abri de Toronto se disent allosexuels. »

Selon Helen Kennedy, il est important de se rappeler que le Canada a encore du chemin à faire pour arriver à l’égalité. Par conséquent, Égale Canada continue la lutte.

« Si vous saviez toutes les histoires que j’entends. Parfois, je raccroche le téléphone et je secoue la tête en me disant : “Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire pour aider cette personne?” Vous vous dites que c’est vraiment une situation épouvantable et puis, une semaine plus tard, vous recevez un autre appel d’une personne qui vit des choses encore pires », confie Helen Kennedy.

« Le régime de droit au Canada a beaucoup évolué et dans la bonne direction. Certaines personnes, non seulement dans les milieux allosexuels mais aussi dans la population canadienne en général, ont le sentiment que la lutte est gagnée. Mais notre travail nous montre jour après jour que ce n’est pas le cas », conclut Helen Kennedy.

Égale Canada cherche à intensifier son travail dans le système scolaire où, selon Helen Kennedy, il est possible de s’attaquer plus largement au problème des comportements discriminatoires. Pour obtenir plus d’information, visitez le site Web d’Égale Canada (en anglais seulement).

(Kate Hawkins est une étudiante en journalisme qui a travaillé comme agente de communication à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants pendant l’été 2015.)