Cette année, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) décerne son Prix spécial à Carol Henderson, ancienne enseignante et présidente sortante de l’Alberta Teachers’ Association (ATA).

Carol Henderson a amorcé sa carrière d’enseignante en Saskatchewan, la province qui l’a vu grandir. Née à Vanguard, elle s’est plus tard installée à Saskatoon où elle a obtenu son baccalauréat en éducation de l’Université de la Saskatchewan. Elle a enseigné dans différentes villes de la province avant de déménager en Alberta. À sa première réunion du personnel dans sa nouvelle province, ses collègues lui ont suggéré d’assister aux réunions du conseil local. Si elle était réticente au début, elle reconnaît avoir beaucoup appris sur l’association en participant aux réunions et en en faisant le compte rendu à ses collègues. Tout au long de ses 30 ans de carrière et plus comme enseignante à l’élémentaire et enseignante spécialiste de musique en Alberta, son intérêt pour son association de l’enseignement n’a jamais faibli.

La présidente sortante de l’ATA a été membre du Conseil d’administration de la FCE et du Comité consultatif de la Faculté d’éducation de l’Université de Calgary. Elle a aussi joué un rôle de premier plan dans plus de 49 comités de l’ATA.

Carol Henderson a également occupé plusieurs postes dans sa section locale et a représenté son école pendant de nombreuses années avant d’exercer cinq mandats en tant que représentante du district de Calgary. Elle a ensuite exercé deux mandats comme vice-présidente de l’ATA tout en enseignant à temps partiel. Ce n’est que lorsqu’elle est devenue présidente de l’ATA qu’elle a dû quitter complètement la salle de classe.

Carol Henderson nous dit combien elle s’est ennuyée des enfants quand elle a pris ses nouvelles fonctions : « Quand je suis devenue présidente, j’ai revu mes collègues enseignants, mes amis, juste avant la rentrée scolaire. Ils étaient tout excités à propos de leur nouvelle classe et de leurs nouveaux élèves, et à l’idée de préparer leur salle de classe. C’est là que ça m’a vraiment frappée, que je me suis vraiment rendu compte que je ne serais pas là avec eux. Et les enfants m’ont terriblement manqué. »

Heureusement, pendant son mandat de présidente, Carol Henderson a reçu beaucoup de courriels de ses anciens et anciennes élèves, ce qui constituait pour elle la meilleure partie de la journée. Et même si elle ne travaillait plus en salle de classe, elle s’est assurée de rester en contact étroit avec les enseignantes et enseignants afin de savoir ce qui se passait en classe et de les représenter de son mieux.

La présidente sortante de l’ATA attribue son succès à sa capacité de tisser des relations, une capacité qui, dit-elle, se développe dans la classe, d’abord avec les élèves, puis avec les collègues et ensuite avec les parents et la communauté en général. Inversement, son rôle de présidente et son engagement à l’extérieur de la salle de classe lui ont permis d’élargir ses horizons. En effet, les connaissances qu’elle a acquises en découvrant d’autres organisations de l’enseignement et en nouant des liens et des amitiés profondes dans d’autres provinces, dans les territoires et à l’étranger l’ont aidée à améliorer le travail de son association, ce qu’elle a fait sans jamais perdre la salle de classe de vue. Carol Henderson a aussi eu le bonheur d’assister à des conférences dans le monde entier et de bâtir des partenariats avec des organisations de l’enseignement de la Finlande, de la Norvège, de Singapour, de la Nouvelle-Zélande et de l’Islande.

Les deux mandats de Carol Henderson comme présidente ne se sont pas déroulés sans difficulté : en 2011, elle a reçu un diagnostic de leucémie lymphoblastique. En novembre de la même année, elle a reçu une greffe de cellules souches de sa sœur et a continué de se rendre à Edmonton pour remplir ses fonctions de présidente tout en suivant ses traitements. Sa médecin a avoué que jamais elle n’avait eu de patiente qui, comme elle, a travaillé durant des traitements.

« Cette période a été pour moi extrêmement difficile, mais le soutien que j’ai eu de l’ATA a été extraordinaire. Je ne peux même pas vous expliquer à quel point tout le monde m’a aidée tout au long de ces traitements, qui ont finalement duré cinq ans, dit-elle. La greffe de cellules souches a réussi. J’ai encore quelques problèmes, mais je profite de chaque jour qui passe. »

En repensant à sa carrière, Carol Henderson se dit heureuse du travail qu’elle a réalisé, mais elle est aussi déçue du manque de collaboration avec le gouvernement de l’Alberta (l’ancien comme l’actuel) en ce qui concerne les tests de rendement, et de l’absence de résultats fructueux dans ce dossier. Elle affirme également qu’il faut soutenir les enseignantes et enseignants pour qu’ils soient davantage en mesure de faire face à la violence en classe et à la pauvreté des enfants, et d’aider les élèves ayant des besoins particuliers et les enfants immigrants et réfugiés.

De façon générale, Carol Henderson estime qu’ensemble, son équipe et elle ont accompli beaucoup de bonnes choses, par exemple le travail qui a mené au règlement de la question du passif du régime de retraite par le gouvernement provincial. Elle tient à remercier les membres de son personnel et ses collègues de l’ATA, ainsi que ses collègues de la FCE.

Une fois à la retraite, à partir de juin, elle espère poursuivre son travail avec la Société de leucémie et lymphome du Canada, faire des voyages en Arctique, en Croatie et à Hawaï, s’entraîner au gym, faire du bénévolat à son église, s’exercer à jouer du piano et de la flûte, et continuer de participer aux rencontres de son club de lecture. Comme elle le dit elle-même, elle n’aura pas le temps de s’ennuyer!

Entre deux éclats de rire, Carol Henderson nous dit à quoi elle a le plus hâte une fois à la retraite : « m’asseoir pendant la journée avec un bon livre sans me sentir coupable et me demander ce que je devrais faire de plus utile à la place. »