Les enseignantes et enseignants exhortent les parents à boycotter BULLY

Le 05 mars 2008

La Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants et des membres de la profession enseignante des Antilles, du Royaume-Uni et de l’Amérique du Nord prient instamment les parents de boycotter le jeu vidéo mesquin et nuisible « Bully: Scholarship Edition » qui sera lancé le 4 mars 2008. Le producteur de ce jeu est l’entreprise Rockstar de Vancouver.

« Au lieu, comme le prétend le matériel publicitaire, de débarrasser la cour d’école des élèves intimidateurs, ce jeu vidéo réduit l’intimidation malveillante à une simple blague faite un après-midi », déclare Irene Lanzinger, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique. « Il campe des jeunes filles dans des personnages stéréotypés, soit des meneuses de claque séductrices ou des nullités obèses. »

À l’égard tant de la version de 2006 de Bully que de la dernière-née, « Bully: Scholarship Edition », l’American Entertainment Software Rating Board (ESRB), un organisme non réglementé de classement des jeux vidéo, a fait remarquer que ce jeu vidéo comportait des scènes de violence, un langage cru, des thèmes à caractère sexuel, la consommation du tabac et de l’alcool et de l’humour grossier. L’ESRB prévient également les parents que la version de 2008 du jeu montre du sang en animation.

« Comme l’intimidation et la violence à l’école viennent en tête des préoccupations de la population, les membres de la profession enseignante et les parents s’interrogent de plus en plus quant à l’impact des médias interactifs violents sur l’esprit et le corps en croissance des enfants », affirme Emily Noble, présidente de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants. « La prolifération d’actes d’intimidation au moyen du téléphone cellulaire, d’Internet et de blogues signifie que des personnes peuvent maintenant en être victimes partout et en subir les conséquences dévastatrices. »

Même si le secteur de la vidéo se classe juste derrière l’industrie de la musique en matière de rentabilité, cette forme hautement interactive de divertissement échappe largement au contrôle ou à la réglementation gouvernementale. En avril 2001, la Colombie-Britannique est devenue la première administration à adopter une loi à cet égard, soit la Video Games Act (loi sur les jeux vidéo), qui devait appliquer un système obligatoire de classement et de réglementation pour les jeux vidéo. Malheureusement pour les enfants de cette province, le gouvernement libéral est arrivé au pouvoir cette année-là et a retiré cette loi.

Malgré l’inertie du gouvernement sur cette question, le député libéral John Nuraney a déclaré à la Chambre : « La Chambre sera peut-être intéressée d’apprendre qu’un des jeux vidéo les plus populaires pour les garçons de la 3e à la 6e année est Grand Theft Auto. Même si la capacité d’adaptation rapide des enfants d’aujourd’hui à cette technologie est admirable, le risque qu’ils deviennent la proie de prédateurs sans scrupule, faute d’une assistance et d’une surveillance adéquates, est également alarmant. » Malheureusement, le gouvernement libéral provincial ne partage pas l’inquiétude de ses propres membres.

Partout dans le monde, des enseignantes et enseignants s’opposent fermement à ce jeu vidéo qui fait la promotion du comportement d’intimidation et de la violence. Nous exhortons les parents à refuser de l’acheter et, en outre, d’expliquer leur décision aux magasins de détail. Wal-Mart est l’un des distributeurs de ce jeu.

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