L’éducation de langue française en milieu minoritaire : l’association nationale de la population enseignante réclame des changements à la procédure d’élaboration des programmes d’études

Le 27 mai 2008

(Service de nouvelles de la FCE — Ottawa) Un rapport publié aujourd'hui par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) insiste sur la nécessité de modifier sensiblement la manière d’élaborer des programmes d’études afin de combler un vide qui existe actuellement dans le curriculum des écoles élémentaires et celui des écoles secondaires relativement à l’enseignement en français en milieu minoritaire. Les recommandations de la FCE, tirées d’une série de publications ayant pour titre Apprendre sa communauté (http://www.ctf-fce.ca/apprendre/), sont le fruit d’années de recherches analytiques, d’études crédibles et de réflexions formulées par des partenaires clés en éducation.

« Les réalités de la vie, de l'apprentissage et de l'enseignement dans les communautés minoritaires diffèrent considérablement de celles dans les milieux majoritaires », déclare la présidente de la FCE, Emily Noble. « Les écoles françaises en milieu minoritaire ont une double mission — elles doivent fournir toutes les expériences éducatives de base et sont censées être le pivot de la survie et du développement des communautés francophones. »

Pour sa part, Paul Taillefer, président du Comité consultatif du français langue première de la FCE, renchérit : « Selon nos recherches, bon nombre de provinces et de territoires ne font que traduire le curriculum de langue anglaise vers le français, d’où l’existence d’un vide éducatif pour les élèves en milieu minoritaire francophone dont la réalité et la culture ne sont pas reflétées dans les programmes d’études ou les méthodes d’enseignement proposées. Bien que le personnel enseignant oeuvrant en milieu minoritaire francophone ait vivement à cœur d’inspirer aux élèves l’amour d’apprendre en français et un sentiment d’appartenance à la francophonie, le rapport conclut que les ressources et le soutien font cruellement défaut à ces enseignantes et enseignants qui doivent relever divers défis en matière de charge de travail du fait de leur double mission.

Nous espérons que les renseignements fournis dans la série susciteront chez les décisionnaires et les responsables des politiques des idées quant à de nouvelles approches et pistes d’action qui concourront à notre but commun, soit de procurer aux élèves la meilleure éducation de langue française possible », conclut Paul Taillefer.

Le projet a été élaboré par la FCE en partenariat avec le Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM) de l’Université d’Ottawa et grâce au soutien financier de Patrimoine canadien.

Entre autres recommandations contenues dans le rapport, signalons les suivantes :

  • la réalisation d’une recherche nationale sur l’intégration de la culture et du développement de l’identité dans l’enseignement par le biais des programmes d’études;
  • la conception d’une stratégie d’élaboration de ressources pédagogiques pour aider à développer l’identité chez les élèves et appuyer le personnel enseignant dans son enseignement;
  • la nécessité de définir clairement l’image de la communauté francophone qu’on veut véhiculer auprès des élèves, ainsi que des suggestions de moyens de la présenter aux élèves à chaque année d’études et dans chaque matière;
  • la communication aux enseignantes et enseignants, par le gouvernement provincial ou territorial, d’idées, d’exemples, d’activités et de références propres à les épauler dans leur enseignement.

Les recommandations (http://www.ctf-fce.ca/apprendre/) ont été diffusées aujourd’hui à Ottawa à l’occasion du Symposium national que tient la Fédération les 26 et 27 mai et auquel participent environ 60 éducateurs et éducatrices, enseignantes et enseignants et partenaires en éducation venus des quatre coins du pays. Sera également présentée au Symposium une vidéo spéciale qui amorcera la discussion sur les adolescentes et adolescents en milieu minoritaire francophone, soit le thème et le point de mire de l’activité de cette année.

La FCE est la porte-parole nationale de 220 000 enseignantes et enseignants du Canada par rapport à l’éducation et à des questions sociales connexes. Elle compte des organisations Membres dans l’ensemble des provinces et des territoires du Canada ainsi qu’un Membre affilié en Ontario. La FCE (http://www.ctf-fce.ca) adhère également à l'organisation internationale des membres de la profession enseignante, soit l'Internationale de l'Éducation (http://www.ei-ie.org).

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Commentaires : Paul Taillefer, président du Comité consultatif du français langue première de la FCE, 613-292-5860 (cell.)

Renseignements : Ronald Boudreau, directeur des Services aux francophones, 613‑899-4216 (cell.)

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