Les organisations syndicales pressent le gouvernement Harper de ratifier des conventions relatives au travail et aux droits de la personne

Le 07 mai 2009

Ottawa (le 7 mai 2009) — Quatre des plus grandes organisations syndicales du Canada, représentant plus de 800 000 membres, lancent une campagne ayant pour but d’engager le gouvernement Harper à ratifier les trois accords internationaux régissant le travail forcé, le travail des enfants et le droit de négociation collective.

En lançant la campagne, les porte-parole des quatre organisations ont exprimé une frustration et une déception profondes à l’égard du refus du Canada de ratifier ces trois conventions fondamentales d’un organisme des Nations Unies, l’Organisation internationale du Travail (OIT) :

  • la convention n o 29 sur le travail forcé  Cette convention adoptée par l’OIT en 1930 interdit toute forme de travail forcé ou obligatoire. Le Canada est un de seulement neuf pays qui ont refusé de la ratifier.
  • la convention n o 138 sur l'âge minimum  — Cette convention adoptée par l’OIT en 1973 fixe l’âge minimum pour travailler. Le Canada est un de seulement 51 pays qui ont refusé de la ratifier.
  • la convention n o 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective — Cette convention adoptée par l’OIT en 1949 stipule que tous les travailleurs et travailleuses ont le droit de se syndiquer et de négocier collectivement. Le Canada est un de seulement 29 pays qui ont refusé de la ratifier.

Voici les quatre organisations syndicales mises à contribution dans cette campagne :

  • Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP)
  • Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE)
  • Association canadienne des policiers (ACP)
  • Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Canada (TUAC Canada)

Le Canada a participé activement à la rédaction initiale des conventions et a uni sa voix à celle d’autres pays pour appuyer avec enthousiasme et signer ces conventions à l’OIT.

Pourtant, les gouvernements canadiens qui se sont succédé, y compris le gouvernement Harper actuel, ont refusé de les ratifier ou d’expliquer leur refus. L’influence et la crédibilité du Canada sur la scène mondiale souffrent de cet état de choses, de dire les porte-parole de ces quatre organisations.

« Il est ahurissant de voir que le Canada n’a pas ratifié les conventions internationales qu’il a contribué à rédiger », déclare James Clancy, président du SNEGPS. « Au fil des ans, notre refus ou notre incapacité de ratifier ces conventions, ou encore notre manque d’intérêt à cet égard, crée pour le Canada une situation de plus en plus embarrassante. »

« Le refus du Canada de ratifier les conventions sur le travail des enfants et le travail forcé ternit sérieusement la réputation de notre pays à l’échelle mondiale », ajoute Emily Noble, présidente de la FCE. « Le Canada ne joint pas le geste à la parole. Ses exhortations à la protection des droits de la personne auprès des autres pays sonnent faux du fait qu’il refuse de ratifier ces conventions internationales. »

Les porte-parole des organisations syndicales soutiennent également que le refus du Canada de ratifier ces conventions affaiblit la protection des droits des travailleurs et travailleuses du Canada.

« Le droit de se syndiquer et de négocier collectivement est clairement reconnu comme un droit fondamental de la personne; pourtant, le refus du Canada de ratifier cette convention en particulier signifie que bon nombre de travailleuses et travailleurs canadiens sont actuellement privés de leurs droits fondamentaux, tenus à la merci de leurs employeurs et incapables d’établir leurs modalités d’emploi par des négociations », affirme Wayne Hanley, président national des TUAC Canada.

Par exemple, parmi les employées et employés qui n’ont pas le droit de se syndiquer, mentionnons les travailleurs agricoles en Alberta et en Ontario; le personnel enseignant suppléant au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Yukon; les infirmières et infirmiers praticiens en Alberta; certains travailleurs occasionnels travaillant pour les gouvernements provinciaux du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador; des membres de la Gendarmerie royale du Canada.

Les quatre porte-parole ont écrit récemment à la ministre fédérale du Travail, l’honorable Rona Ambrose, lui demandant de tenir une réunion au sujet du refus du Canada de ratifier les conventions. Elle ne leur a pas encore répondu.

« Le Canada doit combler l’écart entre ses promesses sur la scène internationale et ses actions véritables à domicile », soutient le président de l’ACP, Charles Momy. « Nous espérons avoir l’occasion de collaborer avec la ministre Ambrose à l’établissement d’un plan législatif qui assurera la ratification sans réserve de ces conventions par le gouvernement du Canada. »

La population canadienne peut obtenir plus de précisions et participer à la campagne en se rendant à http://www.labourrights.ca/ .

Pour obtenir plus de précisions, veuillez communiquer avec  :

  • Mike Luff, coordonnateur des Communications, SNEGSP, tél. : 613-228-9800
  • Francine Filion, directrice des Communications, FCE, tél. cell. : 613-899-4247
  • Pierre Collin, agent des Communications, ACP, tél. : 613-2 31-4168, tél. cell. : 613‑299-6516
  • Michael Forman, Service national des communications, TUAC Canada,
    tél. : 416-579-8330

À propos de nous  :

  • Le SNEGSP constitue l’une des plus grandes organisations syndicales du Canada, représentant plus de 340 000 membres qui travaillent tant dans le secteur public que dans le secteur privé.
  • La FCE est la porte-parole nationale de près de 200 000 enseignantes et enseignants dans tout le Canada.
  • L’ACP est la porte-parole nationale de 57 000 membres du personnel policier dans tout le Canada.
  • TUAC Canada est le plus important syndicat du secteur privé et compte plus de 250 000 membres dans tout le pays qui travaillent dans tous les secteurs de l’industrie alimentaire, du champ à la table.