Une nouvelle étude met en lumière l’expérience des enseignantes et enseignants autochtones -- « Le racisme en éducation est un problème généralement nié, passé sous silence et banalisé. »

Le 10 mars 2010
OTTAWA - Une importante étude sur les connaissances et l’expérience professionnelles des enseignantes et enseignants autochtones dans les écoles publiques canadiennes a été présentée aujourd'hui à l’occasion d’une activité spéciale de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) sur l’éducation autochtone. Cette étude a été commandée par la FCE et le Comité consultatif de l’éducation autochtone de cette dernière, et financée par le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA).

« La raison d’être de cette étude est de répondre au besoin pressant d’améliorer et de promouvoir l’éducation autochtone dans les écoles publiques », indique Verna St. Denis, Ph.D., professeure agrégée à la Faculté d’éducation de la University of Saskatchewan et auteure de l’étude. « Le rapport pose la question suivante : Que pouvons-nous apprendre des connaissances et de l’expérience professionnelles des enseignantes et enseignants autochtones qui travaillent dans les écoles publiques afin de mieux promouvoir et appuyer la réussite de l’éducation autochtone dans les écoles publiques? »
 
L’auteure a interviewé 59 membres du personnel enseignant autochtone (49 femmes et 10 hommes) qui travaillent dans des écoles publiques du Canada. Plus d’un tiers avaient à leur actif 20 années d’expérience ou plus, et la moitié étaient des diplômés de programmes autochtones, y compris des programmes autochtones de formation pédagogique.
 
« L’objectif de cette étude est de favoriser le dialogue et l’apprentissage continus concernant l’éducation autochtone au sein des organisations de l’enseignement et de la vaste communauté éducative », explique Mary-Lou Donnelly, présidente de la FCE. « Les participantes et participants à l’étude ont évoqué plusieurs moyens de favoriser l’intégration du programme d’études autochtone dans le système scolaire, y compris l’acquisition du matériel pédagogique dans ce domaine, un soutien adéquat à l’enseignement du contenu et des perspectives autochtones, des administrations scolaires qui donneront leur soutien et feront preuve de compréhension, la reconnaissance des enseignantes et enseignants autochtones en tant que professionnels à part entière et l’embauche d’un plus grand nombre d’enseignants et de professionnels autochtones.
 
« La très grande majorité des enseignantes et enseignants autochtones qui ont participé à l’étude se sont dits heureux d’avoir l’occasion de s’exprimer, d’entendre les points de vue de leurs collègues et de participer aux efforts déployés pour provoquer le changement. »
 
La collecte de données visait quatre domaines, soit la philosophie de l’enseignement, l’intégration du contenu et des perspectives autochtones dans les programmes d’études, le racisme en éducation et les personnes alliées de l’éducation autochtone.
 
« Grâce aux discussions de fond qui ont eu lieu avec des enseignantes et enseignants autochtones de tout le Canada, cette étude présente des réflexions et des points de vue utiles sur l’expérience que vivent tous les Autochtones dans nos systèmes d’écoles publiques », indique Paul Cappon, Ph.D., président-directeur général du CCA.
 
« Je suis sûr que cette étude constituera un important ajout au nombre croissant de recherches qui portent sur les façons dont les Premières nations, les Métis et les Inuits se représentent le processus d’apprentissage. »

Parmi les autres constatations du rapport, mentionnons les suivantes :

  • Les participantes et participants ont opté pour la profession enseignante et choisi d’y rester en raison des aspects éthiques et moraux qui y sont associés;
  • Les participantes et participants demeurent dans la profession parce qu’ils veulent avoir la possibilité de transmettre la culture et l’histoire des Autochtones, contribuer à former des adultes responsables, s’opposer aux préjugés à l’égard des Autochtones et servir de modèles, mais aussi parce qu’ils estiment pouvoir exercer une influence positive sur la vie des enfants;
  • Estimant que le racisme qui règne dans le milieu de l’éducation est un problème généralement nié, passé sous silence et banalisé, les enseignantes et enseignants autochtones ont rapporté diverses manières dont ils sont victimes de discrimination raciale : mépris de leur qualification et de leurs capacités ainsi que du contenu et des perspectives autochtones, diminution des attentes à l’égard des élèves autochtones et non reconnaissance des répercussions de la colonisation et de l’oppression sur les peuples autochtones. Les réactions des établissements à ces situations sont généralement perçues comme inadéquates, laissant au personnel enseignant autochtone le fardeau de la lutte contre ce racisme;
  • Les participants et participantes accordent une grande estime à leurs collègues non autochtones qui les considèrent comme des égaux, qui les aident à réussir et qui plébiscitent leur travail et les opinions dont ils enrichissent la profession;
  • Même s’ils se sont heurtés à divers obstacles, comme le manque de matériel pédagogique relatif à l’éducation autochtone, le manque de compréhension de collègues à l’égard de cette dernière, les conditions sociopolitiques difficiles qui règnent dans les écoles et les collectivités ou encore les conséquences de la pauvreté sur les élèves, les enseignantes et enseignants autochtones demeurent résolus à changer les choses en éducation.

Fondée en 1920, la FCE est une alliance nationale d'organisations provinciales et territoriales qui représentent près de 200 000 enseignantes et enseignants aux paliers élémentaire et secondaire au Canada. La FCE adhère également à l'organisation internationale des membres de la profession enseignante, l'Internationale de l’Éducation.

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Commentaires :
Verna St. Denis, Ph.D., auteure de l’étude
Mary-Lou Donnelly, présidente de la FCE, 613-232-1505
Jarrett Laughlin, CCA, 613-371-3238 (cell.)
Contact avec les médias : Francine Filion, directrice des communications de la FCE, 613-688-4314 ou
613-899-4247 (cell.)