Le gouvernement fédéral ne suit pas les recommandations du Sénat concernant la réduction de la pauvreté au pays

Le 29 septembre 2010

Ottawa…  La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) est déçue d’apprendre que le gouvernement du Canada, dans sa réponse du 27 septembre au rapport du Sénat intitulé Pauvreté, logement, itinérance : les trois fronts de la lutte contre l’exclusion, ne s’est pas engagé à adopter une stratégie globale pour un système de garde d’enfants universel ou un plan national en matière de logement. Ce rapport a été approuvé à l’unanimité par le Sénat au début de 2010.

« Nous sommes consternés par la décision du gouvernement fédéral de ne donner suite à aucune des recommandations formulées dans le rapport du Sénat, qui vont au-delà des programmes gouvernementaux existants », indique Mary-Lou Donnelly, présidente de la FCE, en faisant remarquer qu’il y a presque un an, le 24 novembre 2009,  la Chambre des communes adoptait à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement du Canada qu’il « … élabore immédiatement un plan visant à éradiquer la pauvreté partout au Canada. »

Le Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie du Sénat a étudié les conditions sociales dans des villes canadiennes, puis a présenté au gouvernement fédéral des recommandations touchant des questions et des préoccupations très diverses, notamment la manière dont les parents de familles à faible revenu arrivent à répondre aux besoins de leurs enfants, par exemple les besoins liés à la maturité scolaire et à l’achèvement des études.

Parmi les 74 recommandations du rapport, certaines concernent l’augmentation du salaire minimum, une amélioration marquée du régime d’assurance-emploi, la bonification de la Prestation nationale pour enfants, les initiatives en matière de logement abordable, l’aide aux enfants des Premières nations, aux enfants immigrants et réfugiés et à leur famille, un soutien supplémentaire pour l’accès aux études postsecondaires ainsi qu’une initiative fédérale-provinciale d’envergure nationale sur l’éducation de la petite enfance. Le Comité recommande en premier lieu que les programmes visant à enrayer la pauvreté et l’itinérance fassent sortir les Canadiens et Canadiennes de la pauvreté au lieu de les aider à mieux y vivre.

« En tant que membres de la population enseignante, nous voyons tous les jours les effets de la pauvreté sur l’apprentissage de nos élèves. Des données empiriques montrent qu’il existe un lien direct entre la pauvreté et le rendement scolaire des enfants aux paliers élémentaire et secondaire », ajoute Mme Donnelly qui signale qu’un enfant canadien sur neuf vit dans la pauvreté — un taux qui n’a pas beaucoup changé depuis 1989. 


« La FCE croit que le gouvernement fédéral a raté une formidable occasion de s’attaquer à la pauvreté en suivant les recommandations du Sénat et c’est pourquoi nous continuerons d’exhorter tous les parlementaires à soutenir un effort coordonné visant à réduire et à éradiquer la pauvreté des enfants au Canada en se concentrant sur trois grands thèmes, à savoir le revenu de la famille, le logement et les possibilités d’apprentissage. »

La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants est la porte-parole nationale de près de 200 000 enseignantes et enseignants du Canada par rapport à l’éducation et à des questions sociales connexes. La FCE adhère également à l'organisation internationale des membres de la profession enseignante, l'Internationale de l'Éducation, en plus d’être membre de Campagne 2000 et de participer à la campagne Canada sans pauvreté.

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Commentaires : Mary-Lou Donnelly, présidente de la FCE
Renseignements : John Staple, secrétaire général adjoint
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