Le manque de ressources et de soutien fait partie des principaux facteurs qui expliquent l’augmentation de la violence à l’encontre du personnel enseignant

Le 08 juillet 2018
EDMONTON…Selon une étude nationale menée par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), le nombre grandissant d’incidents violents, et sous-signalés, à l’encontre du personnel enseignant est souvent associé à un manque de ressources et de mesures de soutien pour les élèves en milieu scolaire.
 
Ce matin, au Forum canadien sur l’éducation publique qui se déroule à Edmonton et où se trouvent réunis quelque 150 représentantes et représentants du milieu de l’éducation dont des membres de la profession enseignante et des porte-paroles d’organisations de l’enseignement, la FCE a dévoilé les résultats de sa toute première Revue des études sur la violence dans les écoles, qui s’est étendue à l’ensemble du Canada.Le thème du Forum est « Des écoles sécuritaires et bienveillantes ».
 
« De nos jours, les classes deviennent de plus en plus complexes. Les enseignantes et enseignants doivent relever une multitude de défis dont des classes d’une grande diversité sur les plans de la culture, du comportement et des aptitudes scolaires et sociales, explique le président de la FCE, H. Mark Ramsankar.Ils ont donc besoin de soutien et de ressources, comme des aides-enseignantes et aides-enseignants, des psychologues, des psychiatres et d’autres spécialistes capables d’appuyer les élèves dans leur apprentissage.
 
« Selon les études, lorsqu’un enfant se sent abandonné et que ses besoins éducationnels, sociaux et émotionnels ne sont pas satisfaits, il peut s’ensuivre des accès de violence, ajoute H. Mark Ramsankar. Et cette violence à l’encontre du personnel enseignant finit par miner le bien-être mental et physique des éducateurs et éducatrices, et leur estime d’eux-mêmes sur le plan professionnel. »
 
La Revue de la FCE met en lumière certains des facteurs associés à l’augmentation de la violence : le sous-financement généralisé de l’éducation publique, le manque de ressources et de mesures de soutien pour répondre à la violence (y compris la formation en poste et les mesures connexes) et les graves insuffisances des services et des mesures de soutien prévus pour répondre aux besoins des élèves en santé mentale, en gestion comportementale et en éducation de l’enfance en difficulté.
 
Autres résultats saillants :
 
·Les taux de violence à l’encontre du personnel enseignant sont très élevés et vont de 41 à 90 % des enseignantes et enseignants sondés, lesquels viennent de diverses administrations et régions du Canada. Une importante majorité de ces personnes (>70 %) ont aussi signalé que la fréquence mais aussi la gravité des incidents violents ont augmenté.
 
·Les taux de violence semblent supérieurs quand les victimes sont 1) des enseignantes; 2) dans des écoles élémentaires; 3) dans des écoles situées dans des quartiers socioéconomiquement défavorisés ou dans de grandes zones métropolitaines; et 4) en éducation de l’enfance en difficulté.
 
·La violence non physique (verbale ou émotionnelle, ou les deux) est la forme de violence la plus fréquemment signalée par les éducatrices et éducateurs, suivie de la violence physique. Les auteurs de cette violence sont dans une très grande majorité des élèves (généralement dans plus de 90 % des cas).
 
·La violence à l’encontre du personnel enseignant a une incidence négative forte sur le bien-être de celui‑ci et est associée à une augmentation significative du taux de dépression. Elle peut mener à l’épuisement des enseignantes et enseignants, les inciter à changer d’école ou, encore, à quitter la profession. En outre, elle peut entraîner des conséquences physiques comme des blessures, des maux de tête et de la fatigue.
 
·Alors qu’une grande majorité d’enseignantes et enseignants sont victimes ou témoins de violence sous une forme ou une autre dans leurs écoles, les études confirment qu’ils signalent rarement les incidents de violence à l’administration de l’école ou à la police.
 
« Les enseignantes et enseignants sont des gens bienveillants qui se soucient de leurs élèves, ajoute le président de la FCE. De fait, les études révèlent que c’est par souci pour leurs élèves qu’ils omettent souvent de signaler les incidents de violence et aussi parce qu’ils craignent que leur compétence professionnelle soit remise en question.
 
« Mais, comme société, nous avons la responsabilité de nous assurer que les écoles et les classes du Canada disposent des spécialistes, des ressources et du soutien dont elles ont besoin », conclut le président H. Mark Ramsankar.
 
Fondée en 1920, la FCE est une organisation sans but lucratif et une alliance nationale d’organisations Membres provinciales et territoriales qui représentent plus de 238 000 enseignantes et enseignants de tout le Canada.@EnseigneCanada et @CanTeachersFed
 
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Porte-parole :H. Mark Ramsankar, président de la FCE
 
Information :Sherri Brown, directrice du Programme de recherche et d’apprentissage professionnel de la FCE
 
Contact :Francine Filion, directrice des Communications de la FCE, 613-899-4247 ou ffili@ctf-fce.ca