L’effectif des classes n’est pas le seul problème : la complexité des classes pousse le personnel enseignant à bout
Le troisième sondage de l’enquête Parachute révèle pourquoi l’épuisement du personnel de l’éducation est devenu la norme.
Ottawa, le 5 février 2026 — La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) a publié les premiers résultats du sondage de l’automne 2025 de l’enquête Parachute. Menée auprès du personnel de l’éducation de tout le pays, cette enquête porte sur les causes de la crise de la rétention et du recrutement au Canada. Près de 7 000 réponses complètes ont été recueillies auprès d’enseignantes et enseignants, de membres des équipes de direction scolaire et d’autres travailleurs et travailleuses de l’éducation dans le cadre de ce sondage portant sur l’effectif et la complexité des classes, qui constituent les deux grands défis de l’éducation publique à l’heure actuelle.
Les données recueillies sont sans appel : la taille et la complexité augmentent alors que le temps dont dispose le personnel pour enseigner diminue. Ensemble, ces facteurs transforment le milieu d’apprentissage de millions d’élèves et poussent le personnel de l’éducation à bout.
L’effectif des classes n’est pas le seul problème
Alors que l’effectif moyen des classes au Canada oscille déjà entre 22 et 26 élèves, certains membres du personnel enseignant de la maternelle à la 6e année disent avoir des classes de plus de 40, 50, voire 60 élèves. Selon les résultats du sondage, les enseignantes et enseignants qui ont 26 élèves ou plus n’ont pas suffisamment accès à des aides-enseignantes et aides-enseignants ou à des membres du personnel de soutien spécialisé. Dans de telles conditions, la classe ressemble davantage à une salle de triage qu’à un lieu d’enseignement. Mais le personnel enseignant est clair : l’effectif des classes n’est pas le seul problème. Même les petites classes deviennent ingérables quand la complexité des besoins des élèves s’accroît.
Le vrai problème, c’est la complexité des classes
Une classe typique de 22 élèves de la maternelle à la 6e année est composée d’un groupe hétérogène de jeunes ayant des profils comportementaux, cognitifs, émotionnels, linguistiques, et socioéconomiques très variés. L’enseignant ou l’enseignante doit gérer sa classe sans pour autant bénéficier de mesures de soutien adéquates. Pas moins de 80 % des membres du personnel de l’éducation indiquent ne pas avoir suffisamment accès à des aides-enseignantes ou aides-enseignants, à des enseignantes-ressources ou enseignants-ressources, à des psychologues ou à des spécialistes en intervention comportementale, et entre 25 et 30 % disent être rarement (voire jamais) en mesure de fournir les mesures de soutien établies dans les plans d’enseignement individualisé de leurs élèves.
Sans surprise, les enseignantes et enseignants consacrent moins de temps à enseigner qu’à essayer de combler des lacunes toujours plus importantes, et c’est le potentiel d’apprentissage des élèves qui en pâtit. Quel que soit le niveau, l’enseignement n’occupe que 34 % du temps en classe. De la maternelle à la 6e année, une minute sur quatre est accaparée par la gestion du groupe.
« On retrouve des difficultés similaires dans l’ensemble des provinces et des territoires […] Les problèmes de rétention et de recrutement sont aggravés par l’effectif, la complexité et la composition des classes, la violence accrue à l’école […] », explique Clint Johnston, président de la CTF/FCE, dans un récent épisode du balado SOURCE où il s’entretient avec le président de l’ATA, Jason Schilling. « Mais il y a souvent une cause profonde dont on ne parle pas : le financement. Les provinces et territoires ne semblent tout bonnement pas disposés à prendre les mesures qui s’imposent. »
Ce que réclame le personnel de l’éducation
Les membres du personnel de l’éducation de tout le pays ont défini trois grandes priorités :
- Intégrer aux conventions collectives des dispositions sur la composition des classes;
- Réglementer le rapport élèves-enseignant·e;
- Mieux financer le soutien spécialisé.
Les conclusions du sondage Parachute de l’automne 2025 mettent en évidence une réalité qui s’impose dans tout le pays : les élèves qui ont besoin d’aide sont laissés pour compte et le personnel enseignant ne peut continuer à faire face au problème seul. L’effectif et la complexité des classes sont fondamentalement liés. Pour remédier au problème, il faut instaurer des changements systémiques étalés sur le long terme pour protéger une profession à bout de souffle et faire en sorte que les écoles publiques canadiennes restent un milieu d’apprentissage viable et équitable pour tous et toutes.
À propos de l’Enquête Parachute
L’enquête Parachute s’adresse aux professionnelles et professionnels de l’éducation, dont des membres du corps enseignant et du personnel de soutien, des directeurs et directrices d’école, et des aides-enseignantes et aides-enseignants. Il s’agit d’une initiative menée par la CTF/FCE en partenariat avec ses 18 organisations membres et associées, provinciales et territoriales. L’enquête guide la Stratégie pancanadienne de rétention et de recrutement du personnel enseignant mise en place par la CTF/FCE,une initiative triennale qui vise à répondre aux problèmes systémiques à l’origine de la crise de l’attrition.
-30-
La CTF/FCE
Fondée en 1920, la CTF/FCE est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales de l’enseignement qui représentent plus de 370 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation au Canada. Elle est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, qui représente plus de 33 millions d’éducateurs et éducatrices.
Contact avec les médias
Nika Quintao, directrice des Affaires publiques
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE)
[email protected]
Cell. : 613-688-4319