La CTF/FCE demande de meilleures protections pour le milieu scolaire dans la stratégie nationale en matière d’IA
La Fédération réclame des garde-fous et des consultations auprès du personnel de l’éducation, en plus des engagements pris pour assurer la sécurité en ligne et la protection de la vie privée
Ottawa, le 8 juin 2026 – La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE), qui représente plus de 370 000 membres du personnel de l’éducation par l’intermédiaire de ses 18 organisations membres et associées, accueille favorablement plusieurs des engagements pris par le gouvernement fédéral dans sa Stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Jusqu’à maintenant, les politiques n’ont pas suivi le rythme de l’adoption de l’IA dans les écoles publiques de la maternelle à la 12e année. En commençant à s’attaquer aux lacunes en matière de gouvernance de l’IA, la stratégie contribue à protéger les droits et le bien-être des élèves et du personnel enseignant.
Même si l’éducation au Canada relève principalement de la compétence des provinces et des territoires, Ottawa a un rôle essentiel à jouer pour que l’IA soit utilisée de manière responsable dans les écoles. La CTF/FCE est heureuse de voir que le gouvernement s’engage à moderniser les lois sur la sécurité en ligne et la protection de la vie privée, en parlant explicitement de la protection des enfants. Des instruments juridiques visant à réduire les risques associés aux agents conversationnels, y compris ceux utilisés dans les écoles, sont essentiels pour contrer la grave menace que ces agents d’IA représentent pour l’apprentissage et le bien-être des jeunes. Il s’agit d’enjeux prioritaires pour lesquels la Fédération avait déjà pressé le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique de prendre les mesures nécessaires.
« Le gouvernement affirme que “la confiance est l’étoile polaire” de sa stratégie, mais cette confiance sera mise à mal tant que des outils d’IA comportant des risques circuleront librement dans nos écoles publiques, indique Clint Johnston, le président de la CTF/FCE. Pour que les familles et les jeunes fassent confiance à l’IA, le gouvernement doit obliger les entreprises technologiques à assurer la sûreté de leurs systèmes avant leur déploiement en milieu scolaire. »
La CTF/FCE se réjouit par ailleurs de l’engagement du gouvernement à l’égard de la littératie en IA, et notamment de la distribution de trousses pédagogiques au personnel de l’éducation, de la maternelle à la 12e année. Cela dit, cette mesure manque d’envergure. La stratégie promet de rejoindre un million d’étudiantes et étudiants de niveau postsecondaire, mais seulement 3 000 des 420 000 membres du personnel des écoles publiques. Il ne suffira pas de former quelques milliers d’enseignantes et enseignants pour améliorer le classement mondial du Canada (44e pays sur 47) au chapitre de la littéracie en IA. De nouveaux investissements dans CanCode permettront peut-être d’améliorer les choses, mais cette approche fragmentée n’est pas sans risque. Le développement de la littératie critique en matière d’IA doit se faire dans toutes les écoles du pays, y compris dans les collectivités rurales, éloignées et autochtones, qui sont souvent laissées pour compte. Le gouvernement doit également comprendre que la littératie en IA ne doit pas simplement servir à justifier une intégration accrue de cette technologie dans les écoles. Pour que l’IA constitue un atout dans le domaine de l’éducation publique, les élèves, le personnel de l’éducation et les syndicats doivent être au cœur de la conception et de l’élaboration des programmes de littératie numérique de la maternelle à la 12e année, et la CTF/FCE serait en ce sens une alliée tout indiquée.
Les importants engagements pris dans le cadre de la stratégie doivent maintenant se traduire par la mise en place de protections applicables en classe. Alors que la stratégie encourage fortement l’adoption de l’IA, la Fédération met en garde contre un déploiement rapide d’outils d’IA dans les écoles. Elle demande que l’aspect de la sécurité soit obligatoirement intégré à la conception de ces outils, que leur impact fasse l’objet d’évaluations indépendantes et que les normes d’approvisionnement soient équivalentes à celles adoptées par le gouvernement pour intégrer l’IA à ses activités, notamment en ce qui concerne la transparence, la confidentialité et la reddition de comptes.
Le programme de missions en IA, quoique prometteur, ne compte pas l’éducation au nombre des secteurs prioritaires. Le Canada a raté l’occasion de s’affirmer comme chef de file dans le développement de technologies éducatives en partenariat avec le corps enseignant et les élèves, ce qui, en plus de servir l’intérêt public, aurait réduit notre dépendance à des plateformes étrangères qui n’ont pas toujours été en mesure de protéger adéquatement les données par le passé. La CTF/FCE demande instamment qu’une future mission en IA soit consacrée aux technologies éducatives au service de l’intérêt public, et que ces outils soient élaborés en partenariat avec le personnel de l’éducation et les élèves et répondent aux besoins des écoles plutôt qu’à une logique mercantile.
« Plus de 90 % des jeunes du Canada fréquentent des écoles publiques. Les membres du personnel enseignant voient de leurs propres yeux comment l’IA redéfinit l’apprentissage et comprennent mieux que la plupart d’entre nous les risques qui pèsent sur leurs élèves. C’est pourquoi il faut absolument les consulter pour définir la meilleure façon de procéder et la voie la plus sûre à emprunter à l’avenir », explique Clint Johnston.
La CTF/FCE est prête à travailler avec le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires pour que le principe d’intervention humaine s’applique aussi dans les écoles et que, par conséquent, l’adoption de l’IA dans les classes de la maternelle à la 12e année ne se fasse pas aux dépens de la dimension humaine qui est au cœur de l’apprentissage.
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La CTF/FCE
Fondée en 1920, la CTF/FCE est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales de l’enseignement qui représentent plus de 370 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation au Canada. Elle est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, qui compte plus de 33 millions de membres parmi le personnel de l’éducation de par le monde.
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