Étiquette : public education
Les modalités d’utilisation de l’IA à l’école devraient être définies par le personnel de l’éducation, les élèves et les familles.
Ottawa, le 14 octobre, 2026 — Le 9 septembre, le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, a procédé au lancement de l’Initiative nationale de littératie en IA, fruit d’un partenariat avec l’Alberta Machine Intelligence Institute (Amii). La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) salue la volonté du gouvernement fédéral d’investir dans l’éducation de la maternelle à la 12e année, mais elle s’inquiète néanmoins du fait qu’on demande au personnel enseignant d’intégrer l’utilisation de l’IA en classe avant que quiconque, y compris le gouvernement, puisse déterminer si ces outils sont sûrs et s’ils favorisent effectivement l’apprentissage. Le cours L’IA pour tous : Les bases pour les éducateurs encourage l’adoption d’une technologie qui n’est pas encadrée, qui n’a pas été testée et qui évolue si vite qu’aucune formation n’arrive à suivre le rythme.
Adopter avant d’encadrer
Le premier chapitre de ce cours fait peser sur le personnel enseignant la responsabilité de se former et « de déterminer si les outils d’IA ont leur place dans [leur] classe, quels outils sont appropriés, […] et où des limites claires sont nécessaires ». La description du cours laisse entendre qu’il aidera le personnel enseignant à prendre des décisions éclairées quant à l’utilisation de l’IA, sans toutefois préciser si ces produits sont sûrs et propices à l’apprentissage.
D’autres chapitres en cours d’élaboration poussent le personnel enseignant à se tourner toujours plus vers la technologie avec des sujets tels que « l’intégration pratique de l’IA aux méthodes de travail en classe », « la préparation des élèves à l’avenir » ou encore « la promotion d’une adoption éthique de l’IA fondée sur des normes mondiales ». Mais qui détermine ce qu’est une adoption éthique de l’IA dans les classes canadiennes? On ne peut raisonnablement demander à des enseignantes et enseignants d’évaluer la sécurité de systèmes d’IA complexes que les développeurs eux-mêmes peinent à comprendre. Le gouvernement doit veiller à ce que le cours adopte une approche critique et prudente de l’utilisation de l’IA dans les écoles de la maternelle à la 12e année, et établir clairement que c’est à l’industrie technologique de déployer des produits d’IA qui privilégient autant l’éthique que l’efficacité.
Le mythe de l’utilisation responsable
Une récente étude indique que l’utilisation de l’IA en classe risque de faire plus de mal que de bien. Ce mois-ci, l’OCDE a reconnu que la baisse du niveau en lecture chez les élèves de 15 ans était attribuable au recours accru à l’IA et à d’autres technologies numériques. D’autres études montrent que l’IA peut altérer la qualité de l’enseignement* et affaiblir la relation entre l’enseignant ou l’enseignante et ses élèves*. En Colombie-Britannique*, plus de 80 % des enseignantes et enseignants craignent que les élèves deviennent excessivement dépendants de l’IA ou perdent leur capacité à penser de manière critique. Néanmoins, Amii promet que son cours aidera le personnel enseignant à « entretenir un écosystème numérique florissant » en classe. Devant les risques* de plus en plus évidents que pose l’IA, comment Amii pourra-t-il vraiment aider les enseignantes et enseignants à intégrer ces systèmes en tenant compte de l’âge des élèves et des principes pédagogiques?
Le premier chapitre du cours laisse entendre que « l’IA peut faciliter ou accélérer certains types de travail et offrir aux élèves de nouvelles formes de soutien », mais concède que « parfois, la pratique, la prise de décisions, la résolution de problèmes et la réflexion soutenue qu’exige l’exécution d’une tâche constituent elles-mêmes des éléments importants de l’apprentissage ». Mais n’est-ce pas toujours le cas? Un programme qui considère comme optionnelles des composantes essentielles de l’apprentissage ne peut pas aider le personnel enseignant à faire un bon usage en classe de technologies comportant des risques. La CTF/FCE exhorte Amii et le gouvernement fédéral de laisser les enseignantes et enseignants du Canada examiner les cinq chapitres du cours Les bases pour les éducateurs qui sont en préparation afin de leur donner la possibilité de s’exprimer sur la manière d’intégrer la littératie en IA dans leur classe.
Mesurer l’impact avant l’ampleur
Amii espère que son cours de littératie en IA sera suivi par quelque 50 000 enseignantes et enseignants d’ici 2031, mais n’indique pas comment il compte en mesurer l’impact. Qui sont les enseignants et enseignantes visés et comment Amii compte-t-il les rejoindre? Quels commentaires et suggestions a-t-il reçus du personnel de l’éducation à propos du contenu et comment s’en servira-t-il pour améliorer son cours? Tandis que les enseignantes et enseignants d’un bout à l’autre du pays peinent à s’adapter à l’arrivée fulgurante de l’IA, nous avons besoin de savoir plus clairement comment des cours en ligne asynchrones de littératie en IA sauront répondre à leurs besoins. La CTF/FCE demande des évaluations transparentes du programme national de littératie en IA. Des rapports publics fiables sur les impacts aideront le gouvernement à gagner la confiance du personnel de l’éducation, des élèves et des familles partout au pays.
La CTF/FCE est prête à collaborer avec le gouvernement fédéral, Amii et le grand public pour concevoir des programmes d’IA démocratiques, sûrs et respectueux des droits de la personne.
*Article ou page en anglais seulement
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La CTF/FCE
Fondée en 1920, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales de l’enseignement qui représentent plus de 370 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation au Canada. Elle est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, qui compte plus de 33 millions de membres parmi le personnel de l’éducation de par le monde.
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Nika Quintao, directrice des Affaires publiques
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE)
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La CTF/FCE annonce les organisations lauréates du Prix Norm Goble de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants de 2026
Ottawa, le 5 octobre 2026 — La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) est fière d’annoncer les organisations lauréates du Prix Norm Goble de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants (JME) de 2026, qui récompense les efforts qu’elles déploient pour défendre et promouvoir la profession enseignante et une éducation publique de qualité, inclusive et accessible à tous les élèves.
Créé en 2014 en hommage à Norman Goble, ce prix est remis chaque année afin d’aider les partenaires de la CTF/FCE à l’étranger qui souhaitent organiser des activités pour célébrer la JME.
En s’inspirant du thème « Merci d’éclairer notre avenir », choisi par la CTF/FCE pour la JME de 2026, les organisations lauréates ont élaboré des thèmes et des activités qui reflètent leurs priorités et leurs contextes respectifs. Leurs activités rendent hommage au personnel enseignant et à son influence durable sur les élèves, les communautés et l’éducation publique — en plus de respecter l’esprit de la JME, qui est de reconnaître et de soutenir les personnes qui facilitent l’apprentissage et rendent l’avenir plus radieux.
Les organisations lauréates de 2026 sont la Ghana National Association of Teachers (GNAT), le Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SNEA-B) et le Uganda National Teachers’ Union (UNATU). Chaque organisation a reçu 1 500 $ pour soutenir ses activités dans le cadre de la JME.
Ghana National Association of Teachers (GNAT)
En collaboration avec le National Teaching Council du Ghana, l’organisation célébrera la JME pendant une semaine complète sur le thème « Empowering Teachers: Architects of the Future » (Outiller les enseignantes et enseignants, les architectes de l’avenir). Au programme : un défilé au centre-ville d’Accra; une grande fête au siège de la GNAT et des célébrations régionales et locales; ainsi qu’un symposium de deux jours pour rendre hommage au personnel enseignant et promouvoir des politiques favorables à son perfectionnement professionnel et son bien-être. Dans le cadre de ses activités entourant la JME, la GNAT a également décidé de financer la construction d’une salle de classe supplémentaire dans deux écoles et de fournir à 50 enfants dans le besoin des uniformes et fournitures scolaires.
Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SNEA-B)
Cette année, le SNEA-B célèbre la JME sur le thème « Ma classe, mon école, mon impact ». L’objectif est de mettre en avant le professionnalisme, la créativité et le dévouement des enseignantes et enseignants du Burkina Faso, en leur donnant l’occasion de présenter des initiatives mises en œuvre dans leurs classes, leurs écoles et leurs communautés. Ces initiatives visent à améliorer l’apprentissage, à favoriser l’inclusion et à soutenir les élèves vulnérables, en mettant l’accent sur la lecture et l’écriture, l’égalité des genres et la protection de l’environnement, tout en renforçant les liens entre les écoles et les communautés. Le SNEA-B souhaite ainsi rappeler que les enseignantes et enseignants ne sont pas un simple maillon du système d’éducation, mais des professionnelles et professionnels qualifiés qui innovent, s’adaptent et apportent des solutions aux défis rencontrés dans leurs écoles et leurs classes. Il désire également mettre en lumière ce que le personnel enseignant accomplit au quotidien ainsi que son impact positif sur les élèves, les écoles et les communautés.
Uganda National Teachers’ Union (UNATU)
Les célébrations organisées par le UNATU à l’occasion de la JME se dérouleront en deux phases. La première, « Things teachers want the public to know about being a teacher in Uganda » (Ce que le personnel enseignant ougandais voudrait que le public sache au sujet de sa profession), offrira aux enseignantes et enseignants une plateforme pour présenter leurs perspectives sur leur métier, leurs responsabilités, leur apport à la société et les réalités qui forgent leur quotidien. Les réponses recueillies seront examinées et regroupées dans une ressource nationale en ligne, afin de mieux faire comprendre au public la réalité de la profession enseignante en Ouganda. La deuxième phase sera axée sur la formation et l’accompagnement des membres du UNATU, et la création d’une trousse d’information complète destinée au personnel enseignant. Cette trousse sera conçue en fonction des questions soulevées par les enseignantes et enseignants, des éléments qu’elles et ils souhaitent mieux faire comprendre ainsi que des informations et des outils pratiques jugés les plus utiles.
Cette année, nous célébrons le 60e anniversaire de la Recommandation de l’OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. Alors que la CTF/FCE et l’Internationale de l’Éducation soulignent cet anniversaire, le Prix Norm Goble est l’occasion de mettre en lumière la solidarité qui unit les organisations de l’enseignement et leur engagement commun à renforcer la profession et l’éducation publique.
Le Prix Norm Goble de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants
Le Prix rend hommage à Norman Goble, Ph. D., secrétaire général de la CTF/FCE de 1970 à 1982, qui a joué un rôle déterminant dans la création de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants en 1994. Le travail de Norman Goble demeure une source d’inspiration pour le milieu de l’éducation dans le monde entier, et la CTF/FCE a à cœur d’aider ses organisations partenaires à perpétuer son héritage en rendant hommage au corps enseignant et en défendant l’éducation publique.
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La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants
Fondée en 1920, la CTF/FCE est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales de l’enseignement qui représentent plus de 370 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation au Canada. Elle est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, qui compte plus de 33 millions de membres parmi le personnel de l’éducation de par le monde.
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Rita Mueller, des Territoires du Nord-Ouest, deviendra porte-parole du personnel enseignant au Canada en 2027
Ottawa, le 10 juillet 2026 – Rita Mueller, présidente de l’Association des enseignants et enseignantes des Territoires du Nord-Ouest (AETNO), a été élue présidente désignée de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) par les personnes déléguées à l’Assemblée générale annuelle de 2026 de la CTF/FCE. Elle présidera la Fédération de 2027 à 2029.
« En tant que présidente, je défendrai l’autonomie professionnelle, je plaiderai en faveur de protections relatives à la charge de travail, je renforcerai notre pouvoir collectif de négociation et je veillerai à ce que les décisions reviennent au personnel de l’éducation — et non à la classe politique », déclare Rita Mueller.
Elle œuvre dans le milieu de l’éducation et des services publics depuis plus de trente ans, toujours en restant ancrée dans la communauté, en misant sur la collaboration, le respect, l’équité et la diversité, et en militant en faveur d’institutions publiques fortes. En tant qu’enseignante et conseillère d’orientation au secondaire, puis directrice de différentes écoles aux paliers élémentaire et secondaire, elle a milité en faveur de l’apprentissage inclusif, de l’éducation axée sur le territoire et du soutien adapté aux élèves. Elle a élargi ses compétences en tant que directrice générale de la Tłı̨chǫ Community Services Agency, où elle travaillé sur les dossiers de l’éducation, de la santé et des services sociaux en partenariat avec les gouvernements autochtones. À l’échelle territoriale, en tant que sous-ministre adjointe puis sous-ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi, elle a élaboré des politiques qui reflètent les réalités des communautés nordiques. Elle a siégé pendant six ans à la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest.
« Chaque enfant a le droit d’apprendre dans un cadre sûr, équitable et inclusif. Et pour cela, il faut d’abord soutenir les enseignantes et enseignants. Je suis prête à prendre les devants et à leur offrir mon indéfectible soutien. »
Les autres vice-présidentes et vice-président continueront à siéger au Bureau de direction jusqu’à la fin de leur mandat de deux ans, en 2027. Rita Mueller succèdera à Clint Johnston à la présidence de la CTF/FCE en juillet 2027.
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La CTF/FCE
Fondée en 1920, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales de l’enseignement qui représentent plus de 370 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation au Canada. Elle est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, qui compte plus de 33 millions de membres parmi le personnel de l’éducation de par le monde.
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La Fédération réclame des garde-fous et des consultations auprès du personnel de l’éducation, en plus des engagements pris pour assurer la sécurité en ligne et la protection de la vie privée
Ottawa, le 8 juin 2026 – La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE), qui représente plus de 370 000 membres du personnel de l’éducation par l’intermédiaire de ses 18 organisations membres et associées, accueille favorablement plusieurs des engagements pris par le gouvernement fédéral dans sa Stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Jusqu’à maintenant, les politiques n’ont pas suivi le rythme de l’adoption de l’IA dans les écoles publiques de la maternelle à la 12e année. En commençant à s’attaquer aux lacunes en matière de gouvernance de l’IA, la stratégie contribue à protéger les droits et le bien-être des élèves et du personnel enseignant.
Même si l’éducation au Canada relève principalement de la compétence des provinces et des territoires, Ottawa a un rôle essentiel à jouer pour que l’IA soit utilisée de manière responsable dans les écoles. La CTF/FCE est heureuse de voir que le gouvernement s’engage à moderniser les lois sur la sécurité en ligne et la protection de la vie privée, en parlant explicitement de la protection des enfants. Des instruments juridiques visant à réduire les risques associés aux agents conversationnels, y compris ceux utilisés dans les écoles, sont essentiels pour contrer la grave menace que ces agents d’IA représentent pour l’apprentissage et le bien-être des jeunes. Il s’agit d’enjeux prioritaires pour lesquels la Fédération avait déjà pressé le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique de prendre les mesures nécessaires.
« Le gouvernement affirme que “la confiance est l’étoile polaire” de sa stratégie, mais cette confiance sera mise à mal tant que des outils d’IA comportant des risques circuleront librement dans nos écoles publiques, indique Clint Johnston, le président de la CTF/FCE. Pour que les familles et les jeunes fassent confiance à l’IA, le gouvernement doit obliger les entreprises technologiques à assurer la sûreté de leurs systèmes avant leur déploiement en milieu scolaire. »
La CTF/FCE se réjouit par ailleurs de l’engagement du gouvernement à l’égard de la littératie en IA, et notamment de la distribution de trousses pédagogiques au personnel de l’éducation, de la maternelle à la 12e année. Cela dit, cette mesure manque d’envergure. La stratégie promet de rejoindre un million d’étudiantes et étudiants de niveau postsecondaire, mais seulement 3 000 des 420 000 membres du personnel des écoles publiques. Il ne suffira pas de former quelques milliers d’enseignantes et enseignants pour améliorer le classement mondial du Canada (44e pays sur 47) au chapitre de la littéracie en IA. De nouveaux investissements dans CanCode permettront peut-être d’améliorer les choses, mais cette approche fragmentée n’est pas sans risque. Le développement de la littératie critique en matière d’IA doit se faire dans toutes les écoles du pays, y compris dans les collectivités rurales, éloignées et autochtones, qui sont souvent laissées pour compte. Le gouvernement doit également comprendre que la littératie en IA ne doit pas simplement servir à justifier une intégration accrue de cette technologie dans les écoles. Pour que l’IA constitue un atout dans le domaine de l’éducation publique, les élèves, le personnel de l’éducation et les syndicats doivent être au cœur de la conception et de l’élaboration des programmes de littératie numérique de la maternelle à la 12e année, et la CTF/FCE serait en ce sens une alliée tout indiquée.
Les importants engagements pris dans le cadre de la stratégie doivent maintenant se traduire par la mise en place de protections applicables en classe. Alors que la stratégie encourage fortement l’adoption de l’IA, la Fédération met en garde contre un déploiement rapide d’outils d’IA dans les écoles. Elle demande que l’aspect de la sécurité soit obligatoirement intégré à la conception de ces outils, que leur impact fasse l’objet d’évaluations indépendantes et que les normes d’approvisionnement soient équivalentes à celles adoptées par le gouvernement pour intégrer l’IA à ses activités, notamment en ce qui concerne la transparence, la confidentialité et la reddition de comptes.
Le programme de missions en IA, quoique prometteur, ne compte pas l’éducation au nombre des secteurs prioritaires. Le Canada a raté l’occasion de s’affirmer comme chef de file dans le développement de technologies éducatives en partenariat avec le corps enseignant et les élèves, ce qui, en plus de servir l’intérêt public, aurait réduit notre dépendance à des plateformes étrangères qui n’ont pas toujours été en mesure de protéger adéquatement les données par le passé. La CTF/FCE demande instamment qu’une future mission en IA soit consacrée aux technologies éducatives au service de l’intérêt public, et que ces outils soient élaborés en partenariat avec le personnel de l’éducation et les élèves et répondent aux besoins des écoles plutôt qu’à une logique mercantile.
« Plus de 90 % des jeunes du Canada fréquentent des écoles publiques. Les membres du personnel enseignant voient de leurs propres yeux comment l’IA redéfinit l’apprentissage et comprennent mieux que la plupart d’entre nous les risques qui pèsent sur leurs élèves. C’est pourquoi il faut absolument les consulter pour définir la meilleure façon de procéder et la voie la plus sûre à emprunter à l’avenir », explique Clint Johnston.
La CTF/FCE est prête à travailler avec le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires pour que le principe d’intervention humaine s’applique aussi dans les écoles et que, par conséquent, l’adoption de l’IA dans les classes de la maternelle à la 12e année ne se fasse pas aux dépens de la dimension humaine qui est au cœur de l’apprentissage.
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La CTF/FCE
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Unis contre le recours à la disposition de dérogation dans le cadre de négociations collectives
Banff, le 2 juin 2026 – Le 1er juin 2026, des présidentes et présidents d’organisations de l’enseignement de partout au Canada représentant plus de 420 000 membres du corps enseignant et autres travailleurs et travailleuses de l’éducation se sont réunis à Banff, en Alberta, pour discuter du recours à la disposition de dérogation (article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés) par les gouvernements provinciaux et territoriaux dans des situations pour lesquelles elle n’avait pas été initialement conçue, comme cela s’est produit en Alberta.
Les présidentes et présidents ont affirmé leur engagement commun en faveur des droits démocratiques du personnel enseignant et de l’ensemble des travailleurs et travailleuses, et ont condamné le recours à la disposition de dérogation comme un outil permettant de passer outre aux droits constitutionnels en matière de liberté d’association et de négociation collective, ainsi qu’au droit de grève.
L’utilisation abusive, une tendance à la hausse
À l’origine, la disposition de dérogation devait servir de mesure de protection à invoquer uniquement dans des circonstances exceptionnelles et justifiées dans les faits. Il n’avait jamais été envisagé que les gouvernements puissent y avoir régulièrement recours pour contourner les tribunaux et réduire au silence les travailleurs et travailleuses dans le cadre de conflits de travail légitimes.
Pourtant, au cours des cinq dernières années, la disposition de dérogation a été utilisée plus souvent que jamais pour bafouer les droits de la personne et les droits démocratiques. Récemment, les gouvernements de l’Alberta, de la Saskatchewan, de l’Ontario et du Québec ont invoqué cette disposition dans le cadre des projets législatifs suivants :
- Projet de loi 2, « Back to School Act » (Alberta, 2025)
- Projet de loi 9, « Protecting Alberta’s Children Statutes Amendment Act » (Alberta, 2025)
- Projet de loi 137, « Parents’ Bill of Rights » (Saskatchewan, 2023)
- Projet de loi 28, « Loi de 2022 visant à garder les élèves en classe » (Ontario)
- Projet de loi 307, « Loi de 2021 visant à protéger les élections et à défendre la démocratie » (Ontario)
- Projet de loi 96, « Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français » (Québec, 2022)
Notre position collective
Les présidentes et présidents soussignés, qui représentent des membres du corps enseignant et d’autres travailleurs et travailleuses de l’éducation de chaque province et territoire du Canada, déclarent collectivement et sans équivoque ce qui suit :
- Le recours à la disposition de dérogation lors de négociations collectives constitue un abus de pouvoir législatif. Les gouvernements doivent s’engager de bonne foi dans les négociations collectives et ne pas utiliser la Constitution pour réduire au silence les travailleurs et travailleuses.
- Le droit des membres du corps enseignant à la liberté d’association, leur droit de négocier collectivement et leur droit de grève sont protégés par la Constitution et doivent le rester. Aucun gouvernement ne doit pouvoir agir de manière préventive pour invalider ces droits et empêcher les tribunaux d’offrir des recours dans un tel scénario.
- La disposition de dérogation ne doit être utilisée qu’en dernier recours, après l’autorisation d’un contrôle judiciaire. Son utilisation préventive pour soustraire une mesure législative à toute contestation en vertu de la Charte constitue une atteinte au principe démocratique de la primauté du droit.
- Les conséquences de cette tendance se font sentir bien au-delà du secteur de l’éducation; elles représentent une menace pour tous les travailleurs et travailleuses et tous les citoyens et citoyennes du pays. La réalité à laquelle sont confrontés les enseignantes et enseignants aujourd’hui pourrait être celle des travailleurs et travailleuses de n’importe quel autre secteur demain. Il s’agit d’un enjeu à l’échelle nationale qui nécessite une réponse de même envergure.
Nous appelons d’une même voix tous les ordres de gouvernement à prendre immédiatement les mesures suivantes :
- S’engager à négocier de bonne foi avec les membres du corps enseignant et les autres travailleurs et travailleuses de l’éducation, et à résoudre les conflits par la négociation et la médiation.
- S’engager à ne pas invoquer la disposition de dérogation dans le contexte des relations du travail avec les membres du corps enseignant et les autres travailleurs et travailleuses du secteur de l’éducation.
- Soutenir toute mesure fédérale visant à examiner et à restreindre le recours par les provinces et territoires à l’article 33 lorsqu’il est invoqué de manière à bafouer les droits de la personne et les droits démocratiques fondamentaux des citoyens et citoyennes.
- Veiller au maintien des mécanismes de contrôle judiciaire en donnant aux tribunaux la possibilité d’examiner la constitutionnalité de toute mesure législative avant que le recours à la disposition de dérogation soit envisagé.
De plus, le Conseil d’administration de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) a lancé une pétition afin de demander au gouvernement fédéral « d’annuler ou d’abroger toute mesure législative provinciale future qui restreint les droits des travailleurs [et travailleuses] à la grève et à la négociation collective par le recours à la disposition de dérogation, et d’affirmer la responsabilité du gouvernement fédéral de faire respecter les droits garantis par la Charte partout au Canada. »
Les présidentes et présidents de toutes les organisations de l’enseignement provinciales et territoriales encouragent vivement les Canadiens et Canadiennes qui partagent nos valeurs à signer cette pétition avant qu’elle ne prenne fin le 24 juillet 2026. La pétition se trouve à l’adresse https://www.ctf-fce.ca/fr/passez-a-laction/petition-disposition-de-derogation/.
Il n’est pas trop tard pour agir avec intégrité. Les gouvernements doivent faire ce choix dès maintenant.

Signataires
Jason Schilling – Alberta Teachers’ Association (ATA)
Gabrielle Lemieux – Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO)
Éric Godin, Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick (AEFNB/FENB)
Carole Gordon – Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique (FECB)
Clint Johnston – Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE)
Mona-Élise Sévigny – Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (ÉFM)
David Mastin – Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO)
Heidi Ryder – New Brunswick Teachers’ Association, Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick (NBTA/FENB)
Dale Lambe – Newfoundland and Labrador Teachers’ Association (NLTA)
Peter Day – Nova Scotia Teachers Union (NSTU)
Justin Matchett – Association des enseignants et enseignantes du Nunavut (AEN)
René Jansen in de Wal – Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA)
Martha Hradowy – Fédération des enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO)
Andy Doran – Prince Edward Island Teachers’ Federation (PEITF)
Samantha Becotte – Fédération des enseignantes et enseignants de la Saskatchewan (FES)
Ted Hupé – Association des professionnels de l’éducation du Yukon (APEY)
Chris Cowley – Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO)
Heidi Yetman – Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)
Rita Mueller – Association des enseignants et enseignantes des Territoires du Nord-Ouest (AETNO)
Lillian Klausen – Manitoba Teachers’ Society (MTS)

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Les personnes nouvellement élues à la vice-présidence de la CTF/FCE se joindront au président Clint Johnston pour former le Bureau de direction de la Fédération
Ottawa, le 11 juillet 2025 – L’ancien président de la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique (FECB), Clint Johnston, commence son mandat de deux ans en tant que président de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE). Élu président désigné à l’Assemblée générale annuelle de 2024 de la CTF/FCE, il succède à Heidi Yetman, maintenant présidente sortante de la Fédération.
« Je suis très honoré de suivre les traces de Heidi Yetman à la présidence de la CTF/FCE, » déclare Clint Johnston.
« Heidi a su faire preuve d’un leadership extraordinaire et a été une voix puissante pour la Fédération. Je suis fier de représenter toutes les organisations provinciales et territoriales de la CTF/FCE sur la scène nationale. Le Canada tout entier doit comprendre et apprécier à leur juste valeur l’institution qu’est l’éducation publique et les personnes qui composent nos communautés. Pour cela, la CTF/FCE doit être forte et unie. J’en suis convaincu, ensemble, nous sommes plus forts! Et je vais continuer de tout faire pour renforcer les liens qui nous unissent. »
Clint Johnston apporte dans ses nouvelles fonctions une riche expérience de dirigeant syndical dans le milieu de l’éducation. Après avoir présidé pendant trois ans la section locale de Chilliwack, il a assumé les fonctions de vice-président à la FECB durant six ans, avant d’en devenir le président en 2022. Il a en outre siégé en qualité de vice-président au Bureau de direction de la CTF/FCE pendant cinq ans, de 2018 à 2023, ce qui l’a amené à représenter celle-ci à de nombreuses occasions, notamment en tant que chef de sa délégation au Congrès mondial de l’Internationale de l’Éducation en juillet 2019 et comme délégué aux Congrès de 2023 et 2024. Il a dirigé des équipes de négociation tant à l’échelon local que provincial, ce qui lui a permis d’acquérir une vaste compréhension des questions syndicales et des enjeux de gouvernance.
Clint Johnston est reconnu pour son ardeur à défendre la diversité, l’équité et l’inclusion. Il s’efforce de rassembler les gens et de s’attaquer aux questions complexes en misant sur la recherche de solutions.
Membres du Bureau de direction pour 2025-2026
Les vice-présidentes et le vice-président nouvellement élus ci-dessous formeront, aux côtés du président, Clint Johnston, et de la directrice générale, Cassandra Hallett, le nouveau Bureau de direction :
- Connie Keating, vice-présidente (New Brunswick Teachers’ Association)
- Lillian Klausen, vice-présidente (The Manitoba Teachers’ Society)
- Rita Mueller, vice-présidente (Association des enseignants et enseignantes des Territoires du Nord-Ouest)
- Tesa Fiddler, vice-présidente (Ontario English Catholic Teachers’ Association)
- Trent Langdon, vice-président (Newfoundland and Labrador Teachers’ Association)
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