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Article vedette — Le bien-être à l’école : passons à l’action! Réflexions issues du Forum canadien sur l’éducation publique de 2016

| Santé mentale

L’importance du lien entre l’éducation et la santé est indéniable. Le Consortium conjoint pancanadien pour les écoles en santé affirme que « [l]a santé et l’éducation sont interdépendantes : les étudiants en santé apprennent mieux et les personnes instruites sont en meilleure santé ».

De façon plus générale, des communautés solides, saines et dynamiques sont essentielles à des systèmes d’éducation publique inclusive de qualité supérieure, et vice versa. Il y a entre eux un rapport de dépendance réciproque et mutuellement bénéfique.

Pour ce qui est du « bien-être à l’école », thème du Forum canadien sur l’éducation publique de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) qui s’est tenu à Montréal les 11 et 12 juillet, les éducatrices et éducateurs comprennent l’importance du lien fondamental entre la santé et l’éducation. La FCE a organisé le Forum parce qu’elle estime que les écoles sécuritaires et bienveillantes offrent au personnel enseignant, aux enfants et aux jeunes un milieu sain où travailler et apprendre, et que leur création doit constituer une priorité nationale.

Plus précisément, le Forum a porté sur la santé mentale, celle des élèves et celle du personnel enseignant. L’Organisation mondiale de la Santé décrit la santé mentale comme étant « davantage que l’absence de troubles ou de handicaps mentaux. La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. »

Pendant un exercice intitulé « Visite de la galerie » qui a eu lieu le dernier jour du Forum, les participantes et participants ont été invités à partager les fruits de leurs réflexions sur les choses que le personnel enseignant, les organisations de l’enseignement, d’autres organisations du domaine de l’éducation publique et les gouvernements pourraient faire pour améliorer la santé mentale des élèves et des enseignantes et enseignants, et leur bien-être à l’école. Voici quelques exemples des commentaires et des suggestions que nous avons recueillis :

  • Évaluer la santé mentale des élèves à tel ou tel âge, ou en telle ou telle année, comme on le fait pour repérer les éventuels problèmes d’audition ou de vue;

  • Chercher des occasions de dialoguer avec les élèves (donner voix aux élèves) sur les moyens de relever les défis liés à la stigmatisation de la maladie mentale;

  • Sensibiliser la population aux problèmes de santé mentale qui touchent particulièrement les jeunes allosexuels; trouver des occasions d’écouter les opinions des jeunes allosexuels sur ces questions et de les intégrer à la discussion;

  • Examiner la charge de travail et le déséquilibre travail-vie du personnel enseignant, et leurs conséquences pour la santé mentale;

  • Chercher des moyens d’améliorer la formation pédagogique offerte par les facultés d’éducation sur la santé mentale;

  • Encourager les conseils et commissions scolaires à proposer aux enseignantes et enseignants ainsi qu’aux aides-enseignantes et aides-enseignants des possibilités d’apprentissage professionnel sur les premiers soins en santé mentale (cours élaboré par la Commission de la santé mentale du Canada);

  • Encourager des études menées sous la direction d’enseignantes et enseignants pour trouver des solutions aux défis posés par la maladie mentale et la stigmatisation;

  • Trouver des manières d’intégrer le dossier de la santé mentale dans le programme d’études;

  • Continuer d’appuyer les projets de recherche comme Growing Up Digital au sujet des répercussions des technologies numériques sur la santé mentale des jeunes;

  • Sensibiliser les parents aux effets négatifs de la stigmatisation de la maladie mentale;

  • Chercher des moyens d’aborder la question de la santé mentale et des difficultés qui l’accompagnent du point de vue autochtone;

  • Favoriser les approches « proactives » plutôt que « réactives » de la recherche du bien-être à l’école;

  • Découvrir et faire connaître la foule de projets et de programmes positifs mis en œuvre d’un bout à l’autre du pays;

  • Trouver des manières de capter l’attention des responsables des politiques et des bailleurs de fonds pour qu’ils dotent le système de plus ressources et de ressources de qualité.

Dans son discours de clôture du Forum, le chroniqueur spécialisé en santé au Globe and Mail, André Picard, a fait remarquer que, dans une société de la connaissance, l’investissement le plus important que l’on puisse faire est dans le cerveau de nos enfants. Comme les problèmes de santé mentale tendent à se manifester à un jeune âge, il est crucial d’intervenir rapidement. Plus le problème dure, plus il est difficile et coûteux de le traiter.

Le personnel enseignant et les écoles ont un rôle important à jouer, mais ils ne peuvent pas le faire tout seuls. Si nous voulons que nos écoles favorisent le mieux-être, il est essentiel de renforcer la collaboration et la coordination avec les partenaires de l’éducation, y compris ceux du secteur de la santé.



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