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La population canadienne s’inquiète de plus en plus de la violence à l’école et veut voir les gouvernements agir

| Éducation publique, Violence

Les résultats de notre dernier sondage national montrent que la violence et l’agressivité dans les écoles publiques préoccupent de plus en plus la population.

Article original publié par Abacus Data (en anglais)

Depuis trois ans, Abacus Data sonde la population canadienne pour connaître son avis sur l’éducation publique au nom de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE). Les résultats de notre dernier sondage national, mené du 17 au 23 mars 2026 auprès de 2 000 adultes canadiens, montrent que la violence et l’agressivité dans les écoles publiques préoccupent de plus en plus la population.

À l’heure actuelle, près de 9 personnes sur 10 au Canada s’inquiètent de la montée de la violence à l’école. Cette proportion a augmenté de quatre points de pourcentage au cours des six derniers mois, passant de 84 % en octobre 2025 à 88 % aujourd’hui. Parallèlement, 86 % de la population estime que le personnel scolaire devrait avoir le droit d’intervenir physiquement au besoin quand des élèves usent de violence physique contre d’autres personnes.

Les résultats du sondage indiquent que le public considère la violence à l’école comme un problème à la fois croissant et urgent, qui touche non seulement les élèves, mais aussi les adultes responsables d’assurer la sécurité dans les écoles.

L’inquiétude par rapport à la violence à l’école est généralisée — et la tendance s’accentue

La population canadienne est quasi unanime quant à la gravité croissante du problème de la violence à l’école : l’inquiétude est grande et elle s’est accrue depuis l’automne.

Cette inquiétude est particulièrement prononcée au Québec et chez les parents d’enfants de 18 ans ou plus, ce qui suggère que l’anxiété suscitée par la violence à l’école dépasse largement le cercle des parents d’enfants d’âge scolaire.

Par ailleurs, une grande proportion du public estime que le personnel scolaire devrait avoir le droit d’intervenir en cas de violence physique. Cette proportion a peu évolué depuis octobre, mais sa constance mérite d’être soulignée : la population semble reconnaître que le personnel scolaire doit pouvoir agir lorsque la sécurité est en jeu.

Le public estime que les causes du problème sont multiples

Selon les personnes sondées, la principale cause du problème est le manque de respect envers la profession et le personnel enseignant — près de sept personnes sur dix placent ce facteur parmi les principales causes. Le trop grand nombre d’élèves par classe arrive juste derrière, suivi du manque de soutien en santé mentale, de la pénurie d’aides-enseignantes et d’aides-enseignants, et de l’absence de formation sur les façons de désamorcer la violence.

Ces constats indiquent que la population ne considère pas la violence comme le résultat de problèmes de comportements isolés, mais plutôt comme le reflet des pressions qui pèsent sur nos écoles et qui ont un effet sur les conditions en classe, les capacités du personnel et le soutien fourni aux élèves et au personnel de l’éducation.

Ce portrait de la situation correspond à ce que rapporte le personnel de l’éducation. Un récent sondage national mené par la CTF/FCE indique que 87 % des membres du personnel de l’éducation de la maternelle à la 12e année estiment que la violence et l’agressivité sont en hausse dans les écoles publiques. Ce constat vient confirmer que les préoccupations du public ne sont pas infondées : elles reflètent un défi bien réel sur le terrain. [Sondage Parachute de l’automne 2024]

La population veut voir le gouvernement fédéral agir

Même si l’éducation relève principalement de la compétence des provinces et des territoires, le public estime que cela ne devrait pas empêcher les autres ordres de gouvernement d’agir. Plus des trois quarts des Canadiennes et Canadiens sont d’avis que le gouvernement fédéral devrait prendre des mesures pour lutter contre la hausse de la violence et de l’agressivité dans les écoles, de la maternelle à la 12e année.

Ce constat est important : le public se soucie moins de la question des champs de compétence que de la capacité des gouvernements à répondre à un problème manifeste et croissant dans les écoles.

Le public appuie différentes solutions possibles

Chacune des solutions proposées bénéficie d’un large soutien.

La proposition la plus populaire (72 % d’appui) est de limiter le nombre d’élèves par classe. Le public est aussi grandement favorable à l’instauration de mesures de soutien de base pour les élèves ayant des besoins particuliers grâce à un programme financé par le fédéral (73 %), à la création d’un transfert fédéral important vers les provinces et les territoires exclusivement pour la santé mentale (76 %), et à l’allocation d’un pourcentage minimal du PIB national aux provinces et aux territoires pour les classes de la maternelle à la 12e année (69 %).

On constate non seulement que ces mesures bénéficient d’un appui majoritaire, mais aussi que cet appui concerne à la fois les interventions directes en classe et les investissements structurels. Le public semble convaincu qu’il faudra plus d’une solution pour venir à bout de la violence à l’école.

Conclusion

La population canadienne s’inquiète de plus en plus de la violence et de l’agressivité dans les écoles publiques. Elle estime que le problème est réel, en hausse et suffisamment grave pour justifier des mesures concrètes.

Elle considère également que ce problème est lié aux pressions globales qui pèsent sur le système d’éducation : le manque de respect envers le personnel enseignant, le trop grand nombre d’élèves par classe et l’insuffisance de l’aide apportée tant aux élèves qu’au personnel scolaire. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant d’observer un large appui en faveur de mesures visant à aider le personnel, à améliorer le soutien en santé mentale et à accroître les ressources allouées aux écoles.

Parallèlement, 83 % de la population accorde une grande confiance au personnel enseignant et estime qu’il contribue dans une large mesure à bâtir un système d’éducation publique solide. Au-delà de son inquiétude, la population est d’avis qu’il faut fournir au personnel de l’éducation le soutien et les outils dont il a besoin pour réussir.

Le message envoyé aux gouvernements et aux responsables de l’éducation est clair : les Canadiennes et Canadiens veulent des écoles plus sûres et sont prêts à appuyer des mesures concrètes pour y parvenir.

Méthodologie

Le sondage a été mené en ligne du 17 au 23 mars 2026 auprès de 2 000 Canadiennes et Canadiens d’âge adulte. Les données ont été pondérées en fonction de l’âge, du genre, du niveau d’instruction et de la région. La marge d’erreur pour un échantillon comparable (aléatoire et de même taille) est de +/-1,95 %, 19 fois sur 20. Les chiffres ayant été arrondis, leur somme pourrait ne pas égaler 100 %.

À propos

Publié par la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants, voix de l’éducation publique au Canada, le Journal de l’éducation publique présente les histoires, les réflexions et les idées qui façonnent nos écoles et nos communautés partout au pays.

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