Pourquoi la gestion de classe gruge-t-elle le temps d’enseignement?
Les élèves du Canada ne sont pas « plus difficiles à instruire » qu’avant : c’est l’absence de soutien spécialisé qui fait que la gestion de classe gruge le temps d’enseignement
Les élèves du Canada ne sont pas « plus difficiles à instruire » qu’avant : c’est l’absence de soutien spécialisé qui oblige les enseignantes et enseignants à morceler de plus en plus leur temps pour répondre aux besoins de leurs élèves, alors que leurs demandes sont systématiquement ignorées par les ministres de l’Éducation.
Les élèves de l’élémentaire apprennent en classe, mais souvent par petites tranches, puisque le personnel enseignant doit constamment réorienter certains enfants, en rassurer d’autres, désamorcer les tensions, répéter les consignes ou gérer les conflits. À preuve, les résultats du sondage Parachute de l’automne 2025 indiquent que 25 % du temps d’enseignement est en fait consacré à la gestion de la classe.
C’est une minute sur quatre.
En plus de devoir consacrer du temps aux tâches administratives, à la préparation, aux évaluations et à l’enseignement, le personnel enseignant doit désormais consacrer 25 % de son temps à répondre aux besoins croissants des élèves. Ce n’est pas d’hier que les enseignantes et enseignants doivent composer avec des comportements complexes en classe; mais la situation actuelle révèle à quel point le manque de soutien a des conséquences néfastes dans les écoles de tout le pays. Il s’agit d’un problème systémique que le personnel enseignant ne peut résoudre uniquement au niveau de la classe. Lorsque la gestion des comportements accapare le quart de la journée, le temps consacré au reste s’en trouve réduit — à commencer par le temps d’enseignement. Cela se traduit, entre autres, par un manque d’encadrement et de soutien personnalisé pour les élèves qui en ont besoin.
La gestion du groupe représente une charge insoutenable et un aspect négligé de la formation et du développement professionnel, dont les enseignantes et enseignants doivent souvent s’acquitter seuls, en plus de toutes leurs autres tâches.
La solution ne consiste pas à « renforcer la discipline » ou à adopter de meilleures stratégies de gestion de classe. Le problème est systémique : le manque de personnel et l’accès insuffisant à des spécialistes créent l’attente irréaliste que tous les besoins des élèves — en matière de santé mentale, d’apprentissage ou autre — seront pris en charge par une seule et même personne : leur enseignante ou enseignant.
Les études, le consensus professionnel et les témoignages du personnel enseignant de tout le pays tendent vers la même conclusion : les écoles manquent de personnel et de spécialistes pour répondre aux besoins. Les données sont sans équivoque, les préjudices sont mesurables, et la profession tire la sonnette d’alarme depuis des années. Reste à savoir si les gouvernements agiront avant que le temps d’enseignement ne soit davantage réduit à cause d’un problème qui aurait pu être évité si le soutien et les fonds nécessaires avaient été fournis dès le départ.
Rolf-Carlos Klausener et Dr. Nichole Grant, CTF/FCE

Pour en savoir plus sur l’effectif et la complexité des classes au Canada, téléchargez le rapport Parachute — En bref de l’automne 2025 (PDF, 5,6 MB) ou visitez la page Web de l’enquête Parachute.
À propos
Publié par la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants, voix de l’éducation publique au Canada, le Journal de l’éducation publique présente les histoires, les réflexions et les idées qui façonnent nos écoles et nos communautés partout au pays.
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