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Selon les élèves, les classes sont bondées, le soutien est insuffisant et l’apprentissage s’en ressent

| Éducation publique, Ressources financières et autres

Les élèves mesurent pleinement la pression qu’exerce l’effectif des classes dans leur école et en subissent les effets au quotidien.

Article original publié par Abacus Data (en anglais)

Un nouveau sondage national mené par Abacus Data au nom de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (CTF/FCE) montre que les élèves mesurent pleinement la pression qu’exerce l’effectif des classes dans leur école et en subissent les effets au quotidien. Chez les parents, le constat est le même, et selon eux les difficultés scolaires se répercutent jusque dans la vie familiale.

Voilà plusieurs années qu’Abacus Data évalue pour le compte de la CTF/FCE l’opinion de la population canadienne sur l’éducation publique. Afin de voir les choses sous un autre angle et de mieux comprendre l’évolution de la situation depuis l’automne dernier, nous avons mené un nouveau sondage auprès de parents et d’élèves. Les résultats sont sans équivoque : bon nombre de répondantes et répondants estiment que les classes sont bondées, que le soutien au personnel est insuffisant et que les résultats scolaires et le bien-être des élèves s’en ressentent.

Les résultats du sondage montrent que les élèves se rendent compte non seulement de l’effectif disproportionné des classes, mais aussi des effets que cela entraîne au quotidien. Les parents déclarent pour leur part en voir les conséquences sur l’apprentissage, le comportement et le niveau de stress de leur enfant, ainsi que dans leur vie familiale.

Effectif trop élevé et pénurie de personnel : des problèmes qui n’échappent pas aux élèves

Près de la moitié des élèves (48 %) estiment être trop nombreux en classe, une tendance encore plus marquée au secondaire (55 %).

Le manque de personnel ne leur échappe pas non plus : plus de la moitié des élèves (56 %) estime qu’il n’y a pas assez d’aides-enseignantes et aides-enseignants ou de personnel de soutien, tandis que 43 % sont d’avis qu’il manque de personnel enseignant.

Dans l’ensemble, près des trois quarts des élèves (73 %) ont remarqué au moins un déséquilibre majeur dans le rapport élèves-personnel enseignant à leur école, ce qui suggère que les préoccupations liées à l’effectif des classes et à la dotation sont largement répandues.

Le nombre trop élevé d’élèves par classe nuit à l’apprentissage

L’impact de l’effectif disproportionné des classes est loin d’être négligeable.

Les trois quarts des élèves (76 %) sont d’avis que le fait d’être dans une classe bondée nuit à leur apprentissage, 26 % estimant que cela y nuit beaucoup.

Les conséquences sont plus marquées pour les élèves du secondaire que pour ceux de l’élémentaire. Plus de la moitié des élèves du secondaire (55 %) disent que l’effectif trop élevé des classes nuit au moins en partie à leurs études, contre 47 % des élèves de l’élémentaire.

Ces résultats montrent que, pour les élèves, l’effectif des classes n’est pas un simple problème administratif, mais bien un facteur ayant des répercussions directes sur leur capacité de réussir à l’école.

Les élèves estiment que le personnel enseignant est débordé

Les élèves reconnaissent aussi les difficultés auxquelles doit faire face le personnel enseignant dans des classes de plus en plus complexes.

Les trois quarts (75 %) estiment que le personnel enseignant et le personnel de soutien passent beaucoup de temps à aider les élèves en grande difficulté, au détriment de l’ensemble de la classe.

Seul un quart des élèves (25 %) pense que ce n’est pas le cas.

Ces chiffres témoignent du difficile exercice d’équilibriste auquel doivent se livrer bon nombre de membres du personnel de l’éducation : alors que les besoins en classe se complexifient, le manque de personnel a une incidence sur l’attention accordée aux élèves en classe — ce qui est de plus en plus évident pour les élèves.

Les conséquences ne se limitent pas aux résultats scolaires

Les élèves disent devoir composer avec diverses difficultés quand les classes sont bondées et qu’il n’y a pas suffisamment de personnel.

Parmi les élèves interrogés :

  • 60 % disent qu’il y a trop de bruit en classe.
  • 47 % ont de la difficulté à se concentrer.
  • 37 % estiment ne pas recevoir l’aide nécessaire.
  • 15 % déclarent que l’école les stresse plus.
  • 15 % signalent une diminution de l’offre parascolaire en raison du manque de personnel.
  • 8 % se sentent moins en sécurité.

Au total, 83 % des élèves déclarent pâtir d’une façon ou d’une autre de l’effectif disproportionné des classes ou du manque de personnel.

Ainsi, les répercussions ne se limitent pas aux résultats scolaires : elles se font sentir sur la concentration des élèves, leur accès à du soutien, l’offre parascolaire et la vie à l’école en général.

Les conséquences touchent aussi les parents

Les parents confirment dans une large mesure ce que disent les élèves.

Les trois quarts d’entre eux (76 %) ont observé chez leur enfant les contrecoups de l’effectif trop élevé des classes et du manque de personnel.

Les facteurs suivants préoccupent particulièrement les parents :

  • La moins grande disponibilité du personnel enseignant (41 %).
  • Les problèmes de comportement des autres enfants en classe (34 %).
  • Le niveau de stress ou d’anxiété accru chez leur enfant (31 %).
  • La réduction de l’offre parascolaire (29 %).
  • La baisse des résultats scolaires (21 %).

Seuls 24 % des parents ne constatent pas d’effet notable.

Ces résultats laissent à penser que les conséquences de l’effectif disproportionné des classes ne se limitent pas au cadre scolaire : elles se répercutent jusque sur la vie familiale.

Les répercussions sur la vie familiale

Selon les parents interrogés, les répercussions de l’effectif disproportionné des classes se font sentir jusque dans leur quotidien :

  • 57 % estiment que les problèmes à l’école font peser un stress plus important sur leur famille.
  • 56 % consacrent plus de temps que prévu à aider leur enfant à faire ses devoirs compte tenu des pressions en classe.

Près de la moitié des parents (46 %) disent avoir dépensé de l’argent pour du soutien complémentaire parce que leur enfant ne recevait pas suffisamment d’aide à l’école.

Ces données indiquent que les problèmes de capacité et de manque de personnel à l’école se répercutent souvent sur les familles.

Conclusion

Les élèves et leurs parents envoient un même message : l’effectif trop élevé des classes et la pénurie de personnel minent l’apprentissage au Canada.

Les classes débordent et ça n’échappe pas aux élèves, qui font part de la difficulté d’apprendre, du manque de soutien, du bruit en classe et de la réduction de l’offre parascolaire. Les jeunes reconnaissent que le personnel enseignant et le personnel de soutien s’efforcent de répondre à des besoins de plus en plus complexes en classe et qu’ils ne disposent pas de suffisamment de ressources pour le faire.

Les parents abondent dans le même sens et constatent que le personnel enseignant a moins de temps à accorder à leur enfant, que le niveau de stress de leur enfant augmente et que la vie familiale s’en ressent.

Ces résultats montrent que le débat sur l’effectif des classes ne se résume pas simplement à des chiffres : pour nombre d’élèves et membres de leur famille, il y va de la qualité du cadre d’apprentissage, de l’accès à du soutien et de la possibilité pour les élèves de s’épanouir pleinement.

Méthode

Le sondage a été mené auprès de 1 000 parents canadiens et de leurs enfants âgés de 8 à 17 ans, du 12 au 20 janvier 2026. La marge d’erreur pour un échantillon comparable (aléatoire et de même taille) est de +/-3,09 %, 19 fois sur 20.

Nous avons pondéré les données en fonction des données du recensement pour que notre échantillon corresponde bien à la population canadienne sur les plans de l’âge, du genre, du niveau d’études et de la région. Les chiffres ayant été arrondis, leur somme pourrait ne pas égaler 100 %.

À propos

Publié par la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants, voix de l’éducation publique au Canada, le Journal de l’éducation publique présente les histoires, les réflexions et les idées qui façonnent nos écoles et nos communautés partout au pays.

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